APRÈS LES APPELS DU CPS DE L’UA À CESSER TOUTE INGÉRENCE EN LIBYE : Le SG de l’ONU accuse des pays étrangers d’être derrière le chaos

Le dossier libyen est, depuis hier, sur la table du 33e sommet de l’Union africaine (UA), après avoir fait l’objet, la veille, d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA. Hier, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a accusé, lors de son allocution à la réunion de l’UA, sur la crise libyenne, des pays, sans les citer, d’être responsable directe du chaos libyen, appelant à mettre fin au conflit en Libye, dont les incidences sont majeures sur la région et plus particulièrement sur le Sahel.

Lors de la réunion de haut niveau sur la Libye, à laquelle ont pris part les ministres des Affaires étrangères d’Algérie, d’Égypte, de Tunisie et l’émissaire onusien, Ghassan Salamé, le commissaire pour la paix et la sécurité de l’Institution africaine, Smaïl Chergui, a fait une série d’annonces, lundi dernier, la veille de la tenue du sommet de l’UA. Sur la crise libyenne, le responsable africain a pointé du doigt les interférences étrangères à l’origine de la non résolution, à ce jour, de la crise dans ce pays, plongé depuis plus de huit ans dans un chaos, en l’absence de vie politico-institutionnelle, depuis 2011 et l‘intervention de l’Otan en Libye. Le responsable du comité de la Paix et de la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, a lancé un appel, à travers lequel il invite avec insistance «les puissances étrangères à cesser toute ingérence en Libye », en vue de permettre au peuple libyen de sortir de la spirale de la violence, et d’exiger que «toutes les ingérences étrangères inutiles devraient cesser immédiatement » a-t-il souligné. À moins d’une semaine des déclarations et des appels du responsable africain, hier, c’était au tour de Guterres, SG de l’ONU, de lancer, à partir du siège de l’Institution africaine, que «la Libye ne serait pas enfoncée dans un conflit toujours plus grave et destructeur sans la complicité directe de certains membres de la communauté international » s’est indigné le responsable onusien.
Apportant son soutien à la décision de l’UA d’organiser une réunion sur la réconciliation intra-libyenne, le SG de l’ONU n’a pas manqué d’avertir que « les résolutions du Conseil de sécurité sont bafouées avant même que l’encre n’ait séché » allusion à la violation par certains acteurs étrangers de la résolution de l’embargo sur les armes en Libye et certaines violations de la trêve (en Libye), même si celles-ci sont contenus et sans impact sur le processus en cours, résultant de la Conférence de Berlin et de la réunion d’Alger des pays voisins à la Libye, à laquelle a été convié, par Alger, le Mali.
Réaffirmant avec insistance «que seul une solution politique, par et pour les Libyens, apportera la paix en Libye et que toute intervention étrangère dans le conflit ne fera qu’aggraver la situation », le SG de l’ONU relève avec pertinence qu’ « un cessez-le-feu immédiat est absolument essentiel », a-t-il dit, hier, à partir d’Addis-Abéba. Peu avant l’ouverture du Sommet Samedi, du Conseil de paix et de sécurité de l’UA sur la Libye et le Sahel, lors d’un point de presse le SG de l’ONU a affiché sa détermination « à renforcer la coopération avec l’Union africaine sur la crise libyenne et le Sahel», annonçant par la même occasion que la Mission de l’ONU en Libye, était prête « à recevoir une représentation de l’Union africaine dans ses locaux». Poursuivant à ce propos, il  a exprimé le souhait de voir que les points focaux de l’UA « puissent participer à tous les groupes de travail intra-libyens» en particulier ceux dégagés par la Conférence internationale sur la Libye, le 19 janvier, à Berlin, en Allemagne.
Mardi dernier, Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU pour la Libye, a annoncé, lors des pourparlers à Genève, l’acceptation par les principaux acteurs libyens rivaux de transformer la « trêve » en Libye en un « cessez-le-feu durable » avant d’ajouter que désormais il est temps d’aller sur le mécanisme déterminant : comment parvenir à cet objectif.
Karima Bennour