mohamed hattab

Après la réouverture du dossier des subventions étatiques pour les clubs : Les centres de formation verront-ils le jour sous l’ère Hattab ?

Dans la foulée de la propagation des actes de la violence dans les stades algériens, tout le monde a tendance à oublier le fameux projet des centres de formation promis par l’état pour 32 clubs professionnels, dans l’optique de relever le niveau du football national qui ne produit désormais plus les bons joueurs depuis déjà près de trois décennies.

Ce projet de centres de formation que les deux précédents ministres de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Tahmi et El Hadi Ould Ali, ont échoué le matérialiser sur le terrain verra-t-il le jour sous l’ère de Mohamed Hattab? C’est la question que se posent les observateurs, surtout après la première sortie médiatique de l’ex-wali de Béjaïa devant les membres du conseil de la nation en fin de semaine passée. Et si cette question se pose avec insistance à présent, c’est parce que les dirigeants ‘’amateurs’’ des clubs professionnels algériens focalisent de plus en plus sur les résultats hâtifs, quitte à contribuer à leur manière dans l’encouragement de la propagation de cette bête immonde qui ne cesse de frapper les enceintes du football algérien qu’est la violence. L’exemple le plus récent de cette mentalité amatrice de ces dirigeants, ce qui vient de se passer à Constantine lors du match de coupe d’Algérie entre la JSK et le MCA. Le président du premier club a fait exprès de choisir la ville des ponts suspendus pour accueillir son adversaire du jour car connaissant l’animosité existant cette saison entre les supporters de l’équipe phare de cette ville, qu’est le CSC, et leurs homologues du Mouloudia. Pourtant, depuis que l’annonce du choix du stade Constantine, tout le monde a commencé à tirer la sonnette d’alarme, sauf que cette réaction a été tout simplement ignorée par le président kabyle, Cherif Mellal. Résultat des courses : Constantine a vécu un vendredi noir où il y a eu même perte de vie humaine. Mais le nouveau ministre de la Jeunesse et de Sports semble déterminé à s’attaquer aux dirigeants amateurs des clubs, en fixant d’ores et déjà les règles du jeu concernant la destination que doivent prendre les aides financières étatiques. Un premier pas dans le processus d’assainissement financier du milieu footballistique algérien, souhaitent les amoureux de ce sport roi dans le pays, lequel pas devrait être suivi par d’autres encore plus importants pour mettre un terme à la dilapidation de l’argent de l’état par des dirigeants amateurs qui ne cessent de porter préjudice au jeu à onze en Algérie. Le ministre a clairement signifié que les aides financières attribuées par l’Etat aux clubs professionnels doivent être utilisées pour la promotion du football, la création des écoles et centres de formation, l’hébergement et le transport des joueurs, selon les dispositions de la loi 13-05 sur le sport et la convention signée entre la tutelle et les clubs concernés. Il a précisé que ces aides ne sont pas destinées aux salaires des joueurs ou à l’organisation des stages de préparation à l’étranger. Hattab a précisé aussi que l’Etat contribuera chaque saison à hauteur de 3 à 4 millions de dinars pour la prise en charge des jeunes catégories. Le message est donc clair à l’adresse des présidents de clubs qui depuis le lancement du professionnalisme en 2010 n’ont pas profité des sommes colossales dégagées par l’Etat en faveur de leurs formations dans le cadre de l’accompagnement par les pouvoirs publics du professionnalisme. Cet argent a été détourné dans l’impunité totale par la quasi-totalité des clubs. On peut citer l’exemple des fonds remis par l’Etat aux clubs afin d’acquérir des autobus pour le transport des joueurs. Cet argent a été détourné par presque tous les clubs et aucune enquête n’a été déclenchée pour amener ces clubs à justifier la destination prise par cet argent. C’est dire que les aides de l’Etat, qui se sont accentuées à la faveur de l’embellie financière dont jouissait le pays, ont été détournées depuis 2010, alors que l’on aurait pu s’en servir pour construire ces fameux centres de formation qui risquent, au train où vont les choses, de ne jamais voir le jour, surtout en ces temps de vaches maigres que connait le pays sur le plan financier.

Hakim S.