Bouteflika

Après 20 ans de règne : Bouteflika quitte le pouvoir

Alors qu’on s’attendait à une démission d’ici le 28 du mois courant, le président Bouteflika quitte le pouvoir plus tôt que prévu.
En effet, le chef de l’État, contraint par une foultitude d’impératifs, aussi complexes qu’apparents, a pris la décision, hier, de quitter son poste de Président, a-t-on appris d’un communiqué de la présidence de la République repris par l’APS.
«Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a-t-on appris mardi auprès de la présidence de la République», dit le communiqué.
Cette annonce intervient avec une célérité déconcertante après l’énième mise en garde, qui était perçue comme étant la dernière, du vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, qui a réuni en urgence l’état-major de l’ANP, pour la mise en application «immédiate» de la Constitution à travers les articles 7, 8 et 102. Le peuple n’a cessé, depuis le 22 février dernier, de revendiquer le départ du régime, le changement du système et la mise en place d’une deuxième République consacrant l’État de droit.
Le long et périlleux suspense qui a tenu en haleine tout le pays a été levé au soir de la journée d’hier.
La démission de Bouteflika aura été «arrachée» au forceps, alors qu’il était question pour le Président, arrivé au pouvoir en 1999, de forcer davantage le destin, malgré son état de santé, la demande du peuple algérien et, en dernier lieu, le «coup de grâce» de l’état-major de l’ANP.
Farid Guellil