Approvisionnement des marchés et régulation des prix

Moins de deux moins nous séparent du rendez-vous avec Ramadhan. À l’approche du mois sacré, la question de l’approvisionnement régulier des marchés en produits de première nécessité se pose avec acuité, lorsqu’encore la hausse des prix suscitent des appréhensions avant l’heure chez le consommateur national.
Maintenant, si le Ramadhan de l’année précédente aura été clément en termes de la disponibilité des produits et leurs prix, à s’interroger si cette tendance se répétera cette année. En effet, tout le monde peut témoigner d’une abondance des produits de bases et la stabilité des prix au cours de cette période en 2017, où les ménages ont dû profiter d’un mois bien servi et bien pourvu en produits à large consommation avec des prix plus ou moins abordables. Conscient justement de la préoccupation première durant le mois sacré, le ministère du Commerce s’affaire à préparer le terrain pour permettre un accès plus soutenu sur les marchés. «Toutes les mesures nécessaires ont été prises pour assurer l’approvisionnement régulier du marché en produits de base, durant et après le mois sacré, notamment le lait, les céréales, les légumes, les fruits et les viandes », a assuré le département ministériel dans un communiqué rendu public dimanche soir. Pour ce faire, le gouvernement a pris le soin d’anticiper sur ce rendez-vous, où, assez souvent d’ailleurs, des commerçants véreux profitent de la forte demande de consommation pour pratiquer des prix hors-normes et hors du contrôle de l’État. Autrement, une commission interministérielle a été mise sur pieds et se chargera de l’exécution et le suivi de deux importantes mesures. En premier lieu, il sera question d’assurer un approvisionnement régulier des marchés locaux en produits de base. En deuxième lieu, il s’agit de garantir le respect des prix et de la qualité des produits et de prendre les mesures répressives à l’encontre des spéculateurs. Cette commission regroupe des représentants des ministères du Commerce et de l’Agriculture, l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL), l’Office national des légumes et viandes (ONILEV) et l’Office national interprofessionnel des céréales (OAIC). Aussi, dans cette commission, figure les représentants des services des Douanes nationales et des opérateurs économiques publics et privés. Ainsi, en termes des prévisions d’approvisionnement du marché en denrées alimentaires pour le mois de Ramadhan, le ministère du Commerce a précisé que «les stocks actuellement disponibles de matières premières destinées à la fabrication du lait pasteurisé subventionné et de blé dur et tendre ainsi que de produits agricoles de saisons (légumes et fruits) et de viandes rouges et blanches permettront une large couverture des besoins des citoyens ». Quant aux opérations de contrôle, dès à présent, il est prévu leur intensification sur le terrain et sont menées par les services de contrôle à travers «le suivi quotidien du marché et de l’évolution des prix». Autrement, accorder «une extrême importance à la qualité des denrées, aux conditions de leur conservation, la transparence et la régularité des transactions commerciales», explique le même communiqué. À souligner, en ce sens, le rôle de cette commission mixte qui est celui de coordonner les efforts de chaque organisme pour plus d’efficacité afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, de protéger les consommateurs, en mettant en œuvre des dispositions juridiques pour faire face à d’éventuelles spéculations. En tout cas, ce dispositif prévu à la veille du mois de Ramadhan 2017 a bien donné des résultats palpables sur le terrain pour ne pas le rééditer cette année. Et puis, à en croire le ministère du Commerce, ces mesures devraient être poursuivies après la fin du mois sacré. «Cette commission compte poursuivre ses réunions après le Ramadhan et durant la saison estivale, avec la participation de tous les intervenants pour la régulation du marché», et d’ajouter, qu’ils «ne manqueront pas de prendre les mesures nécessaires pour prendre en charge toutes éventuelles perturbations dans l’approvisionnement du marché», a-t-on assuré. En tout état de cause, et à la lumière de ces dispositions à mener sur le terrain, autrement à travers la mise à disponibilité des produits sur le marché accompagnée d’un suivi et d’un contrôle sur les prix et la qualité ne fera que rassurer les ménages en prévision.
Mohamed Amrouni