Accueil Spor Année 2014 : le football algérien éclaboussé par la mort d’Albert Ebossé

Année 2014 : le football algérien éclaboussé par la mort d’Albert Ebossé

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Le football algérien qui a connu une année faste en 2014, avec une belle prestation au Mondial-2014 et en Ligue des champions d’Afrique, a été éclaboussé par la mort de l’attaquant de la JS Kabylie, Albert Ebossé, le 23 août dernier, dans l’enceinte d’un stade de football. La qualification historique des Verts au 2e tour du Mondial brésilien, puis à la phase finale de la CAN-2015, sans omettre la Ligue des champions d’Afrique remportée par l’ES Sétif, sont des évènements marquants, certes, mais la mort tragique d’Ebossé, causée par un projectile lancé à partir des tribunes à l’issue d’un match de championnat, JSK – USM Alger (1-2), a jeté une ombre sur ces exploits. L’annonce de la mort d’Ebossé, 24 ans, avait provoqué une vague de tristesse et de consternation sans précédent, chez les Algériens qui ont dénoncé avec la plus grande vigueur cet acte en violation avec les valeurs que véhicule le sport. Le ministre des Sports, Mohamed Tahmi, a condamné un acte « hautement répréhensible qui endeuille toute la famille sportive algérienne », tout comme le ministre de la Communication, Hamid Grine, qui, « peiné et attristé » par cet acte, a appelé la presse sportive, à contribuer efficacement pour combattre le phénomène de la violence dans les stades. Qualifiant d' »odieux » cet acte, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, a appelé à ce que « les auteurs de cet acte innommable (soient) sévèrement punis » avant d’appeler les différentes ligues à « sévir devant tous les dépassements, conformément aux règlements en vigueur ». A l’étranger, le président de la Confédération africaine de Football, Issa Hayatou s’est dit « partagé entre tristesse et colère du drame. Le football africain ne saurait être le terreau de quelque phénomène de hooliganisme que ce soit, car la violence n’a pas sa place dans le football africain en particulier et le sport en général ». Les supporters de la JSK, eux, étaient sous le choc en apprenant la mort de leur « idole », sacré meilleur buteur du championnat national la saison précédente. Quelques jours après ce drame, et dans un élan de solidarité, la FAF et la Ligue de football professionnel ont décidé d’octroyer une indemnité d’un montant de dix millions de dinars (100.000 dollars) à la famille du joueur camerounais. Il a été décidé également d’un commun accord avec la JSK, que tous les salaires d’Ebossé soient intégralement versés à sa famille jusqu’à l’expiration de son contrat avec le club kabyle.

Le holiganisme : un phénomène récurrent
Loin d’être un cas isolé, le drame du stade du 1er-novembre de Tizi Ouzou, n’est que la résultante d’une violence récurrente dans les stades de football, selon les observateurs qui se remémorent les agressions à l’encontre des joueurs du CR Belouizdad, Fayçal Badji et Anouar Boudjakdji, en septembre 2001 au stade de Béjaïa, jusqu’à celles visant les Usmistes Abdelkader Laïfaoui et Nassim Bouchema au stade de Saïda, en avril 2012. Mais, jamais le seuil fatal n’avait été franchi. Les autorités avaient pourtant multiplié les mesures de sécurité, en lançant en parallèle plusieurs campagnes de sensibilisation, mais rien n’y fit, puisque les actes de violence perdurent jusqu’à aujourd’hui. Les incidents ayant émaillé le derby USM El Harrach – MC Alger pas plus tard que le 29 novembre dernier au stade de Mohammadia, en sont la meilleure preuve. Force est de reconnaître que l’aspect archaïque des enceintes sportives, dont certaines héritées de l’époque coloniale, joue souvent un rôle important dans la mauvaise tournure que peuvent prendre certains évènements. Celles-ci ne répondent plus, ni aux nomes de sécurité modernes, ni à la demande d’une population grandissante. A titre d’exemple, le stade du 20 Août-55, considéré autrefois comme le plus grand à Alger, est devenu trop exigu pour accueillir un derby de l’envergure d’un USMA-MCA, un CRB-USMH, ou encore un NAHD-RCK. D’autres stades dans différentes régions d’Algérie, souffrent du même problème, car leur capacité n’arrive plus à satisfaire la demande d’une population croissante.

Des infrastructures modernes : le salut du sport algérien
Le salut du sport algérien et sa transition vers un environnement plus sain semble passer obligatoirement par la réalisation de nouvelles infrastructures, répondant aux normes modernes. Un projet déjà en cours, puisque l’État a financé la construction de plusieurs enceintes sportives, à travers tout le pays, et dont certaines ont déjà été réceptionnées. D’ici à 2016, tous les projets restants seront achevés et peut-être qu’avec eux, le fléau de la violence fera moins parler de lui. Cependant, des acteurs du mouvement sportif algérien considèrent que les nouvelles enceintes sportives, à elles seules, ne devraient pas suffire à combattre ce fléau, car plusieurs autres aspects sont, eux aussi, étroitement liés au bon déroulement des évènements sportifs, notamment, l’opération de vente des billets et le transport des supporters, avant et après la fin du match. Les évènements sportifs en Algérie, les matchs de football en particulier, nous ont souvent habitués à voir des centaines de supporters marcher dans les rues et les autoroutes, faute de bus, de train ou de taxis, aussi bien pour les mener au stade que pour les ramener chez eux, car la majorité de ces moyens de locomotion arrêtent volontairement leur activité, à ces moments précis de la journée, pour éviter de subir d’éventuels casses. Le plus logique aurait pourtant été de doubler l’activité des moyens de transport, vers et à partir du stade, pour répondre à la demande des supporters. Une situation qui éviterait aux supporters fanatiques ou « bandes rivales » de se croiser, de se provoquer et de finir par s’affronter. Ainsi, pour lutter efficacement contre la violence dans les stades, tous les leviers doivent être actionnés en même temps, car chacun des volets suscités représente un maillon important de la chaîne, et si un seul d’entre eux cède, la boucle ne sera jamais bouclée.

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