DES EXPERTS APPELLENT À AGIR SUR TROIS VOLETS POUR RENFORCER LE SYSTÈME IMMUNITAIRE NATIONAL : L’Algérie à l’heure des guerres hybrides

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Makhlouf Sahel

La consolidation du front intérieur face aux guerres hybrides passe par une approche multidimensionnelle associant résilience économique, consolidation démocratique et souveraineté numérique. C’est le principal constat ressorti du forum de la chaîne 1 de la Radio algérienne, consacré au thème « Les guerres hybrides… comment immuniser le front intérieur ? ». Le professeur en sciences politiques et relations internationales, juriste et expert en géostratégie, Makhlouf Sahel, a souligné la profonde évolution de la notion de guerre, passée de la troisième à la cinquième génération, imposant également une adaptation du droit international pour encadrer les nouveaux acteurs et les formes de conflit.  Face à ces mutations, il a insisté sur la nécessité de bâtir un « système immunitaire national multidimensionnel », fondé sur des mécanismes préventifs et anticipatifs. Il a notamment rappelé l’importance de la dimension sociale dans les politiques publiques, ainsi que les avancées liées à la révision constitutionnelle de 2020 en matière de consolidation démocratique et de représentation politique.

Lutte contre la désinformation
De son côté, Smaïl Oulebsir, enseignant en sciences de l’information et de la communication et chercheur en gouvernance internationale, a expliqué que les guerres hybrides combinent plusieurs dimensions : militaire, cybernétique, informationnelle et économique. Il a également mis en évidence le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les conflits modernes, notamment dans le pilotage des drones et l’automatisation des frappes. L’intervenant a souligné les difficultés d’encadrement juridique de ces nouvelles menaces, tout en rappelant l’adoption, en 2025, des stratégies nationales de transition numérique et de sécurisation des systèmes d’information. Il a également insisté sur l’éducation aux médias et la sensibilisation des citoyens aux risques numériques.

La sécurité économique
Abordant le volet économique, Mohamed Achir, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, a indiqué que la production locale couvre entre 75 et 80 % des besoins nationaux dans certains secteurs clés. Il a plaidé pour le renforcement de l’agriculture, de l’industrie et des sécurités alimentaire, hydrique et sanitaire, afin de réduire la dépendance extérieure.
Il a également souligné l’importance de protéger les infrastructures énergétiques, les routes et les passages maritimes, tout en développant les centres de données et les capacités numériques nationales.  Au terme des échanges, les intervenants ont insisté sur la nécessité de promouvoir une information fiable et de renforcer la vérification des faits face à la désinformation et aux faux contenus générés par l’intelligence artificielle. Ils ont enfin rappelé que la protection du front intérieur constitue une responsabilité collective engageant les pouvoirs publics, les entreprises, les médias et les citoyens.
Ania N.