AMAR BELANI AFFIRME QUE LA FIN DU MANDAT DE LA MINURSO N’ENTRAÎNE PAS LA FIN DE L’EXAMEN DE LA QUESTION SAHRAOUIE : « Le Maroc n’a aucune autorité »

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Amar Belani

Alors qu’est-ce que le Parlement marocain – si tant est qu’il existe réellement – a décidé pour appuyer le Cabinet royal qui a faussement interprété la fin du mandat de la MINURSO comme une fin de l’examen, par le Conseil de sécurité, de la question sahraouie ? Nada, ce fut un pétard mouillé !

La décision du Conseil de sécurité de ne pas renouveler le mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental) continue à faire parler. Le Makhzen, et comme il fallait s’y attendre, s’est efforcé de faire croire à une décision portée à l’avantage de la « marocanité ». Or, la question sahraouie n’a pas démarré à la naissance de la MINURSO en 1991 à la suite de l’accord de cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario. Le Makhzen, qu’il lui en déplaise, sait que le premier acte juridique délivré au peuple sahraoui remonte à 1963, lorsque l’ONU a officiellement inscrit le Sahara occidental comme territoire non autonome. Depuis, la lutte sahraouie pour l’indépendance se poursuit. D’où le principe d’autodétermination comme un droit inaliénable qui ne peut être annulé du jour au lendemain de par le statut juridique et la réalité historique et politique de la question sahraouie. C’est ce qu’a rappelé, dimanche, le S.G. de l’ONU et qui était de nature à déplaire à Rabat et à rebours de son récit colonial.

Belani invoque la résolution 2797

Intervenant dans la foulée, le diplomate et ancien ambassadeur Amar Belani ne pense pas moins que la « liquidation » de la MINURSO n’entraîne pas la « liquidation » de la question sahraouie dans l’agenda du Conseil de sécurité. Dans une tribune publiée hier sur son compte Facebook, Belani a démonté les éléments de la littérature makhzénienne l’un derrière l’autre. Sa lecture s’appuie sur la résolution du Conseil de sécurité adoptée le 31 octobre 2025. « La question concerne désormais la portée juridique de la résolution 2797 (2025), la dernière décision de fond adoptée par le Conseil de sécurité », a-t-il abordé, précisant que ce document maintient des garanties importantes pour le peuple sahraoui. Il en énumère notamment, celle qui « réaffirme expressément son droit à l’autodétermination, celle qui « appelle les parties à s’engager dans des négociations sans conditions préalables, sans exiger que le Front Polisario en accepte le résultat à l’avance », celle qui « maintient également le Front Polisario en tant que partie au processus politique », et, enfin, celle qui « réaffirme les résolutions précédentes du Conseil de sécurité, préservant ainsi le cadre existant de l’ONU sur la question du Sahara occidental. »

Contrairement à la MINURSO, « ces dispositions ne contiennent aucune clause d’expiration », démontre Belani, précisant que l’application de celles-ci « ne peut donc être considérée comme automatiquement interrompue par le non-renouvellement du mandat de la MINURSO » et, de plus, « le paragraphe 6 stipule que le Conseil de sécurité reste saisi de la question ».

De Mistura et la responsabilité de l’ONU

À propos de Staffan de Mistura, l’ancien ambassadeur à Bruxelles estime que celui-ci « conserve formellement son mandat d’Envoyé personnel du Secrétaire général », et ce indépendamment de la MINURSO. Mais de Mistura ne doit pas prendre le parti du Maroc en soutenant « l’autonomie » au détriment du Front Polisario comme grave dérive dont il a été l’auteur lors des consultations du Conseil de sécurité du 8 octobre 2026 consacrées à la MINURSO. « Il doit strictement respecter la neutralité requise par sa mission et s’abstenir de prendre toute position favorisant une partie au détriment de l’autre », a mis en garde Belani, soulignant que « cette distinction permet de clarifier les limites du communiqué du Cabinet royal marocain du 30 octobre » et lequel avait, pour rappel, supposé la fin de l’examen de la question sahraouie, affirme également « que le processus politique de l’ONU « touche à sa fin » ».

Belani ne l’entend pas de cette oreille. « Le Maroc n’a aucune autorité pour mettre fin unilatéralement à l’examen de la question par le Conseil de sécurité, ni pour abroger les dispositions d’une résolution adoptée par le Conseil. « Une telle évolution relève des procédures et des décisions des organes compétents des Nations Unies », a-t-il tempéré les ardeurs du Makhzen, affirmant qu’au-delà de la résolution de 2025 « le processus de décolonisation conserve son propre fondement juridique indépendant », en rappelant tous les textes et résolutions confondus ainsi que la Charte de l’ONU qui consacrent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Par ailleurs, Belani estime que la responsabilité de l’ONU dans le dossier sahraoui « demeure intacte ». « Ni l’expiration du mandat de la MINURSO ni l’échec des projets de résolution ne modifient ces fondements juridiques. « La responsabilité des Nations Unies dans le processus de décolonisation demeure intacte et ne dépend pas de la présence de cette mission sur le terrain », a-t-il écrit, en convoquant la récente déclaration du S.G. portée en faveur du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Farid Guellil