L’Assemblée générale des Nations unies se réunira le 10 novembre prochain pour examiner le recours au droit de veto par les États-Unis et la Russie au Conseil de sécurité. Dans une lettre adressée aux représentants permanents et aux observateurs permanents auprès de l’ONU, le président de l’Assemblée générale a indiqué que cette réunion s’inscrit dans le cadre de la résolution 76/262, dite « initiative sur le veto ». Celle-ci impose la convocation d’une réunion formelle dans les dix jours ouvrables suivant l’exercice du veto par l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Il faut rappeler dans ce cadre que l’Algérie ainsi que de nombreux pays membres de l’Assemblée générale de l’Onu ont appelé à la réforme de l’Onu et notamment son Conseil de sécurité qui est devenu un outil aux mains des anciennes puissances coloniales pour imposer leur ordre et faire obstruction à de nombreuses résolutions votées pourtant par l’AG de l’instance onusienne. L’Afrique réclame aujourd’hui deux sièges permanents et de plein droit pour (notamment le droit de véto, ndlr), pour permettre à la communauté internationale de faire régner l’ordre et la paix dans le monde.
Cette convocation fait suite au blocage, par Washington et Moscou, du projet de résolution relatif à la question du Sahara occidental, lors de la 10 260e séance du Conseil de sécurité tenue le 30 octobre dernier. Les débats de cette future réunion devraient se concentrer sur le point 62 de l’ordre du jour, consacré à « l’utilisation du droit de veto » .
Une séance qui remet donc sous les projecteurs une pratique qui continue de paralyser l’action du Conseil de sécurité, alors même que des dossiers majeurs, à l’image du Sahara occidental ou encore de la Palestine et le blocus imposé à Cuba, restent otages des intérêts et des alliances des grandes puissances. Pour illustrer cet état de fait, il faut rappeler que depuis 1946, les États-Unis ont utilisé leur droit de veto à 95 reprises au Conseil de sécurité, dont 49 fois pour des résolutions condamnant Israël. Pour rappel, Serguei Lavrov, le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté ce lundi sur les États-Unis et les pays qui les soutiennent l’entière responsabilité de l’échec du Conseil de sécurité à renouveler le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Selon Russia Today, Lavrov a expliqué dans un communiqué que la Russie a été contrainte d’utiliser son droit de veto contre un projet de résolution américain. Moscou y voyait une tentative d’imposer un règlement unilatéral du conflit, qui priverait le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination, en contradiction avec les principes de la Charte des Nations unies.
Le Conseil de sécurité s’est transformé ces dernières années en outil aux mains des anciennes puissances occidentales. Dans ce cadre, le recours au vote de résolution sous le chapitre 7 des nations qui autorise la mise sur pied d’une force internationale pour le maintien de la paix est devenu l’outil de prédilection pour les États-Unis pour mener des guerres à travers le monde. C’est ainsi que les deux guerres du Golfe (Desert Storm (1991 et Iraqi Freedom 2003), ont été déclenchées en s’appuyant sur des résolutions votées sous le chapitre 7 de l’ONU qui permet la mise sur pied d’une coalition internationale armée.
Le 5 février 2003, le secrétaire d’État américain Colin Powell avait prononcé un discours devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour justifier une intervention militaire en Irak. Il avait appuyé ses propos en exhibant des preuves censées prouver que l’Irak détenait des armes de destruction massive, alors que ces preuves se sont avérées des faux fabriqués par la CIA.
Le droit de véto est devenu une contrainte pour les efforts de paix dans le monde, et la refonte de l’Onu et son Conseil de sécurité est devenue une nécessité pour redonner à l’organisation onusienne sa dimension d’organe pour la paix et la justice dans le monde et non une arme aux mains des anciennes puissances coloniales pour perpétuer leur hégémonie.
Slimane B.











