Cinq Palestiniens, dont quatre femmes, ont été martyrisés et plusieurs autres blessés, hier à l’aube, dans une frappe aérienne israélienne ayant ciblé un appartement résidentiel à l’ouest de la ville de Ghaza, selon des sources médicales.
Des sources locales ont indiqué que des avions de l’occupation israélienne avaient bombardé le rez-de-chaussée de l’immeuble « Al-Assala », situé en face de la boulangerie Al-Yazji, à proximité du rond-point Haidar Abdel Chafi, à l’ouest de la ville. La frappe a fait cinq martyrs et plusieurs blessés. Les victimes ont été identifiées comme étant Marie Hafez Abou Daoud et sa fille Misa Abou Daoud, toutes deux chrétiennes, ainsi que la femme âgée Haloum Al-Bounou, sa fille, l’universitaire et docteure Yasmine Al-Boubou, et Bilal Aouda. Selon les mêmes sources, les avions de l’occupation ont mené une série de raids contre plusieurs secteurs de l’ouest de la ville de Ghaza, parallèlement à des opérations de démolition à l’explosif menées par l’armée d’occupation dans le quartier d’Al-Touffah, à l’est de la ville. Dans le centre de la bande de Ghaza, un Palestinien a par ailleurs été blessé après que des tirs d’un drone israélien ont visé des citoyens circulant dans la rue « Al-Achrine », à l’est du camp de réfugiés d’Al-Nouseirat. Dans le sud de la bande, l’artillerie de l’occupation a bombardé les quartiers orientaux de Khan Younès, tandis que les véhicules militaires israéliens ont ouvert un feu nourri dans le secteur d’Al-Qarara, au nord-est de la ville. Des tirs nourris ont également été signalés dans la zone d’Al-Mawassi, à Rafah, après l’avancée de plusieurs membres de milices liées à l’occupation vers les secteurs d’Al-Chakouch et celui de la famille Zaârab, à proximité du chalet Zahab, à l’ouest de Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza. La zone d’Al-Mawassi, à l’ouest de Rafah, a également été la cible de tirs nourris provenant de véhicules militaires de l’occupation, dans un contexte de reprise des tirs dans le secteur. Ces nouvelles agressions interviennent alors que se poursuivent les violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Ghaza depuis le 10 octobre 2025. D’après le ministère de la Santé de Ghaza, ces violations avaient fait, jusqu’à jeudi dernier, 1.439 martyrs et 5.052 blessés parmi les Palestiniens.
L’OMS alerte sur les restrictions imposées à l’aide médicale
Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que les autorités de l’occupation empêchaient l’entrée d’équipements médicaux et d’appareils de radiologie dans la bande de Ghaza, sans fournir de justification officielle. Dans un communiqué, l’OMS a estimé que l’intensification des restrictions israéliennes sur l’entrée des médicaments et du matériel médical dans la bande compromettait les mesures annoncées d’assouplissement des restrictions. L’organisation onusienne a également souligné que les aides actuellement disponibles ne suffisaient pas à répondre aux besoins des familles palestiniennes à Ghaza. L’OMS a enfin insisté sur le caractère prioritaire de l’acheminement des médicaments vers la bande de Ghaza, appelant à leur entrée urgente afin de répondre aux besoins sanitaires de la population.
Au-delà des confessions
Le bombardement sioniste qui a ciblé, à l’aube d’hier, un appartement résidentiel dans l’immeuble « Al-Assala », à l’ouest de la ville de Ghaza, a emporté cinq vies palestiniennes, dont une mère et sa fille chrétiennes, une mère et sa fille musulmanes, ainsi qu’un jeune homme. Un drame qui illustre une nouvelle fois la communauté de destin entre les chrétiens et les musulmans de Ghaza, confrontés ensemble aux bombardements, aux déplacements forcés et à la mort. Cinq Palestiniens, dont quatre femmes, ont été martyrisés dans ce bombardement israélien visant un appartement habité dans l’immeuble « Al-Assala », à l’ouest de la ville de Ghaza. Parmi les victimes figurent Marie Hafez Abou Daoud et sa fille Maysaa Abou Daoud, toutes deux chrétiennes. La même frappe a également coûté la vie à la docteure Yasmine Al-Boubou, à sa mère Haloum Al-Boubou, ainsi qu’au jeune Palestinien Bilal Khalil Aouda. Les victimes ont ensuite été accompagnées vers leur dernière demeure selon les rites religieux propres à chaque communauté. Mais derrière cette différence de rites, la douleur est restée la même : celle d’une population palestinienne frappée par la guerre, sans distinction de confession.
Une même tragédie au-delà des confessions
Dans l’immeuble « Al-Assala », la religion n’a constitué aucune protection face aux bombardements. La mère et sa fille chrétiennes se trouvaient dans leur foyer palestinien, tout comme les victimes musulmanes, avant que la frappe ne transforme leurs vies en une même tragédie. Le drame renvoie ainsi à la réalité sociale de Ghaza, où familles chrétiennes et musulmanes vivent depuis des générations côte à côte, partageant le quotidien, les joies et les peines, mais aussi, depuis le début de la guerre, les déplacements, les destructions et les privations. Cette communauté de destin s’est également reflétée dans les cérémonies funèbres. À l’église Saint-Porphyre des orthodoxes grecs, l’une des plus anciennes de Ghaza, la communauté chrétienne a fait ses adieux à Marie et Maysaa Abou Daoud, tandis que les autres victimes étaient accompagnées selon les rites musulmans. Des cérémonies différentes dans leur forme, mais réunies par une même douleur et une même identité palestinienne.
Mgr Attallah Hanna : « La souffrance des chrétiens est celle de notre peuple »
À la suite de la frappe, l’archevêque de Sébaste des Grecs orthodoxes de Jérusalem, Mgr Attallah Hanna, a réaffirmé que les chrétiens de Ghaza et de Palestine constituent une composante historique et indissociable du peuple palestinien. S’exprimant auprès de l’agence Sond, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes, soulignant que « les chrétiens de Ghaza, comme dans toute la Palestine, sont une composante essentielle de ce peuple ». Il a également insisté sur le caractère commun de la souffrance, affirmant que leurs douleurs et leurs peines sont celles de l’ensemble du peuple palestinien, appelant une nouvelle fois à mettre fin à la guerre et à l’agression contre la bande de Ghaza. Ses déclarations interviennent après le martyre de Marie et Maysaa Abou Daoud et replacent leur disparition dans le contexte plus large des souffrances subies par l’ensemble de la population de Ghaza.
Les chrétiens de Ghaza, partie intégrante du drame palestinien
Depuis le début de la guerre, les chrétiens de Ghaza ont eux aussi payé un lourd tribut humain. Selon des données relayées par le Centre palestinien d’information et attribuées au Rassemblement national des tribus, clans et familles palestiniens, 30 Palestiniens chrétiens auraient été martyrisés dans la bande de Ghaza depuis le début de la guerre. Les destructions ont également touché des lieux de culte, des établissements éducatifs et des institutions culturelles liés aux communautés chrétiennes. L’église Saint-Porphyre, où des Palestiniens musulmans et chrétiens avaient trouvé refuge, a été frappée en octobre 2023. Des déplacés avaient rejoint ce lieu de culte dans l’espoir d’y trouver un abri face aux bombardements. L’église de la Sainte-Famille, seule église catholique de la ville de Ghaza, ainsi que plusieurs institutions éducatives et culturelles liées aux églises ont également subi des dommages, parmi lesquelles l’école de la Sainte-Famille, l’école des Sœurs du Rosaire et le Centre culturel orthodoxe.
Des églises devenues des refuges pour tous
L’un des aspects les plus révélateurs de cette tragédie réside dans le fait que certains lieux emblématiques de la présence chrétienne à Ghaza ont également servi de refuge à des familles musulmanes déplacées par les bombardements. Dans le même temps, des chrétiens ont partagé les mêmes lieux de déplacement que leurs compatriotes musulmans. Au fil de la guerre, les expériences des deux communautés se sont ainsi mêlées : même peur, mêmes déplacements, même recherche d’un abri et même attente devant les hôpitaux. Les bombardements visant les habitations n’ont pas davantage établi de distinction entre les confessions. Après le martyre de Marie et Maysaa Abou Daoud, l’Église orthodoxe grecque a rendu hommage aux deux victimes, réaffirmant la communauté de destin entre les chrétiens et les musulmans palestiniens et l’attachement de la communauté chrétienne à rester aux côtés de ses compatriotes musulmans à Ghaza.
Une communauté chrétienne au cœur de la société palestinienne
Le bilan de 30 martyrs chrétiens, selon les données citées dans plusieurs rapports, illustre l’ampleur du tribut payé par cette communauté depuis le début de la guerre. À ces pertes humaines s’ajoutent les destructions de maisons, d’églises, d’écoles et d’institutions. La tragédie vécue par les chrétiens de Ghaza ne constitue donc pas une histoire séparée du drame palestinien. Ils vivent dans le même territoire, subissent les mêmes bombardements, les mêmes déplacements forcés et les mêmes conséquences du siège que le reste de la population. Dans ce contexte, les propos de Mgr Attallah Hanna soulignent une réalité maintes fois affirmée par les représentants de la communauté chrétienne : les chrétiens de Ghaza font partie intégrante du peuple palestinien et leur souffrance s’inscrit dans celle de l’ensemble de la population.
Des rites différents, un même destin
Le drame de l’immeuble « Al-Assala » résume, en quelques heures, cette réalité. Une mère et sa fille ont été conduites vers leur dernière demeure selon les rites chrétiens ; une autre mère et sa fille, ainsi qu’un jeune Palestinien, ont été accompagnés selon les rites musulmans. À Ghaza, où la guerre a profondément bouleversé la société, cette tragédie rappelle que musulmans et chrétiens partagent depuis des générations la même terre, la même mémoire et, aujourd’hui, les mêmes souffrances. Les rites du deuil peuvent différer, mais la douleur, elle, demeure commune.
M. Seghilani







