La République arabe sahraouie démocratique (RASD) a vivement dénoncé, jeudi, le discours, prononcé la veille, par le ministre des Affaires étrangères de l’occupant marocain devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, l’accusant de véhiculer « des mensonges et des contrevérités » et de chercher à déformer la réalité concernant le statut international de la question du Sahara occidental.
Dans un communiqué rendu public depuis Bir Lahlou, le gouvernement sahraoui estime que cette intervention s’inscrit dans « une pratique habituelle » du régime de l’occupant marocain visant, selon lui, à détourner l’attention de l’opinion publique intérieure face à une crise structurelle profonde. Le gouvernement sahraoui a notamment contesté l’interprétation donnée par le ministre de l’occupant marocain à la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il affirme que cette résolution n’a reconnu aucune « souveraineté » de l’occupant marocain sur le Sahara occidental et n’a pas établi que la proposition de l’occupant marocain constitue « l’unique base » d’un règlement de la question. La partie sahraouie rappelle également que le Conseil de sécurité a réaffirmé la nécessité d’un règlement conforme aux buts et principes de la Charte des Nations unies, acceptable par les deux parties et garantissant le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination. Le communiqué revient, par ailleurs, sur la rupture du cessez-le-feu intervenue le 13 novembre 2020, attribuée par le gouvernement sahraoui aux autorités de l’occupant marocain, en s’appuyant sur les rapports du secrétaire général des Nations unies.
Le statut de la question sahraouie rappelé
Le gouvernement de la RASD reproche également au ministre de l’occupant marocain de ne pas avoir évoqué la poursuite de l’occupation du Sahara occidental, inscrit depuis 1963 à l’ordre du jour de l’Assemblée générale et des instances onusiennes compétentes en tant que question de décolonisation. Il l’accuse également d’avoir passé sous silence ce qu’il présente comme des pratiques de l’occupant marocain menaçant la sécurité et la stabilité régionales et internationales, notamment à travers le trafic de stupéfiants ainsi que le soutien et le financement de groupes terroristes transfrontaliers et de réseaux de criminalité organisée. Le communiqué critique en outre les alliances internationales de l’occupant marocain, que les autorités sahraouies considèrent comme contribuant aux tensions régionales. Il dénonce également les conditions socio-économiques dans les territoires contrôlés par l’occupant marocain, évoquant la pauvreté, les privations et les atteintes aux droits et à la dignité des citoyens.
La candidature de l’occupant marocain au Conseil de sécurité contestée
La République sahraouie s’est également opposée à l’annonce de la candidature de l’occupant marocain à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2028-2029. Selon le gouvernement sahraoui, un État qui, d’après sa lecture de la situation, contrevient aux principes de la Charte des Nations unies et poursuit une politique d’occupation et d’expansion ne disposerait pas, sur les plans politique et juridique, de la légitimité nécessaire pour siéger au sein de l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. En conclusion, le gouvernement sahraoui réaffirme que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance constitue, selon lui, un droit « constant et inaliénable ». Il affirme également que la RASD constitue une réalité nationale, régionale et internationale « irréversible ». Le communiqué assure enfin que le peuple sahraoui entend poursuivre sa lutte pour « la liberté et l’indépendance » et pour le rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire revendiqué par la République sahraouie.
M. S.













































