En l’espace de moins d’une semaine, le handball national a vécu une série de déconvenues qui ne peuvent laisser indifférent. La sortie prématurée des deux sélections, jeunes et juniors, dès le premier tour d’une compétition africaine au niveau globalement modeste — et qui, à elle seule, ne saurait constituer un véritable baromètre de la performance générale — vient surtout s’ajouter à des défaites concédées face à des sélections considérées comme mineures sur l’échiquier mondial du handball. Au-delà des résultats, c’est la manière et surtout la trajectoire qui interpellent. La question mérite d’être posée sans détour : comment expliquer une telle régression alors que des moyens financiers considérables ont été mobilisés dans le cadre de ce qui a été présenté comme un vaste programme de développement du handball national ? Le paradoxe est saisissant. Les périodes précédentes, malgré des ressources financières limitées, avaient permis au handball algérien de conserver une certaine identité, des résultats et surtout une présence respectable sur la scène continentale. Les difficultés de gestion et d’encadrement existaient certes, mais elles n’avaient pas empêché le sport de produire des générations capables de rivaliser à un niveau autrement plus élevé. Aujourd’hui, alors que les moyens semblent plus importants, le constat sportif est nettement moins reluisant. Ce que nous avons vu cette semaine dépasse ainsi le simple cadre de deux éliminations ou de quelques défaites. Cela renvoie à une réalité beaucoup plus préoccupante : celle d’un système qui semble avoir perdu ses repères et qui peine à transformer les moyens engagés en résultats, en formation et en performances. Le problème paraît donc beaucoup plus profond. Il touche à la vision, à la gestion, à la formation, à l’encadrement technique et à la capacité d’anticiper les besoins du handball national. L’administration actuelle se retrouve ainsi confrontée à un bilan qui appelle, à tout le moins, une évaluation sérieuse et transparente de ses choix et de ses résultats. Dans une telle situation, il ne suffit plus de constater les dégâts ou de chercher des excuses circonstancielles. Une véritable politique de responsabilité doit être mise en place, avec des objectifs clairs, une évaluation régulière des résultats et, lorsque les responsabilités sont établies, des mesures appropriées. Le handball algérien mérite mieux. Les moyens consacrés à son développement doivent se traduire par une véritable progression sur le terrain. L’urgence est désormais de remettre de l’ordre, de reconstruire sur des bases solides et de redonner à nos sélections les moyens de porter dignement les couleurs du drapeau et du pays.
H. S.














