À l’invitation de son homologue français Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, effectuera les 1ers et 2 juin, une visite officielle en France, accompagné d’une importante délégation.
Cette visite intervient après celle effectuée par Laurent Nuñez à Alger à la mi-février 2026. Elle intervient également quelques jours après une visite similaire effectuée par Gerald Darmanin, le ministre français de la Justice garde des Sceaux et qui a scellé le radoucissement des relations entre Alger et Paris après une longue période de gel alimentée par le discours raciste et xénophobe d’une partie de la classe politique française. En réalité, un vent nouveau souffle sur les relations entre les deux pays. Tout avait commencé par la visite de la présidente de l’association France-Algérie, Mme Ségolène Royal qui avait rencontré le président de la République Abdelmadjid Tebboune et les responsables du Comité du renouveau économique algérien (CREA) ainsi que plusieurs chefs d’entreprises. Mme Royal qui avait ressenti la volonté des algériens d’ouvrir une nouvelle page des relations entre les deux pays, empreinte de respect mutuel avait assuré qu’elle allait rendre compte au président Macron, de ses discussions avec les responsables algériens. Le retour à Alger de François Romatet, l’ambassadeur français après plusieurs mois d’absence et la visite de Mme Alice Rufo, ministre déléguée aux anciens combattants qui s’est rendue à Sétif à l’occasion des festivités commémoratives des massacres du 8 mai 1945, ont été d’autres jalons dans la dynamique de rapprochement entre Alger et Paris.
« Respectez la souveraineté de l’Algérie »
Dans un entretien accordé à Beur FM, Mme Royal qui refuse d’évoquer de miracle diplomatique ayant favorisé la reprise du dialogue et la coopération entre l’Algérie et la France affirme : « oui, on peut dire que ça s’améliore et cela n’est pas le fruit du hasard », tout en soulignant que ce lien reste encore fragile. Elle a affirmé dans son entretien avoir défendu depuis janvier une méthode simple : cesser de parler à l’Algérie comme si elle devait d’abord répondre à des injonctions françaises. Elle a indiqué qu’elle avait montré, après son retour d’Algérie, au ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez, comment reprendre contact avec les autorités algériennes.
Mme Royal dit alors avoir formulé un conseil très direct : aller en Algérie sans poser de conditions préalables. « On a affaire à un État souverain », a-t-elle rappelé. Pour elle, la diplomatie commence là : dans le respect de l’autre partie. Elle rapporte aussi que le président Abdelmadjid Tebboune lui avait indiqué être disposé à recevoir des ministres français, à condition que ceux-ci ne viennent pas dans une logique de pression. Quand Gérald Darmanin revient d’Alger avec un discours d’apaisement, Ségolène Royal ne cache pas son impression. « J’avais l’impression que c’était du Ségolène dans le texte », a-t-elle soutenu tout en soulignant que la France et l’Algérie ont besoin de ces liens. « Plus largement, les deux rives ont besoin l’une de l’autre. Ce n’est pas le fait que la France en a besoin, c’est qu’on a besoin les uns des autres ».
La visite de Sayoud en France ouvre de nouvelles perspectives dans le rapprochement entre Alger et Paris. Elle vient confirmer la volonté de l’Algérie de montrer sa disponibilité à engager une dynamique de coopération profitable aux deux pays dans le respect mutuel et loin du discours de haine véhiculée par les extrêmes de la droite française, les revanchards et les aigris. La visite de Sayoud en France sera l’occasion de discuter des sujets parmi lesquels figurent la coopération sécuritaire, la question des biens mal acquis réclamés par l’Algérie, ainsi que la situation des Algériens en situation irrégulière en France.
Slimane B.















































