Deux mois après la fin du Championnat d’Afrique des nations de handball, le constat reste préoccupant pour la discipline en Algérie. À l’époque, le président de la Fédération algérienne de handball, Mourad Bousebt, avait dressé un diagnostic lucide de la situation.
Selon lui, les difficultés du handball algérien dépassent largement le simple cadre financier, appelant à une réforme en profondeur basée sur l’introduction du professionnalisme au sein des clubs et du championnat national. Une vision jugée cohérente et qui avait suscité un large consensus.
L’idée de professionnaliser la discipline apparaissait en effet comme une solution structurante, capable de redynamiser les clubs, d’élever le niveau du championnat et, par ricochet, de renforcer la compétitivité de l’équipe nationale. Sur le papier, la feuille de route semblait claire et ambitieuse. Mais depuis, peu d’éléments concrets sont venus confirmer cette volonté de transformation.
Dans le même temps, Mourad Bousebt avait également évoqué la situation du sélectionneur national, Salah Bouchekriou, dont le contrat arrivait à son terme. Le technicien ne souhaitait pas poursuivre l’aventure, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère pour la sélection. Pourtant, deux mois plus tard, aucun successeur n’a été désigné. Un immobilisme difficile à comprendre, surtout dans un contexte international où les sélections profitent des fenêtres de la Fédération internationale de handball pour se regrouper, travailler et disputer des matchs amicaux.
Ce retard soulève d’autant plus d’interrogations que la nomination de Bouchekriou n’avait été qu’une solution transitoire, limitée à quatre mois. Autrement dit, la Fédération algérienne disposait d’une visibilité suffisante pour anticiper son départ et préparer la suite.
En réalité, ce sont près de six mois qui étaient disponibles pour planifier la transition et installer un nouveau staff technique. Or, aucune avancée notable n’a été enregistrée jusqu’à présent.
Pendant ce temps, l’équipe nationale reste à l’arrêt. Aucun stage n’a été organisé, aucune dynamique n’a été enclenchée, laissant les joueurs dans une forme d’incertitude préjudiciable. Ce manque d’activité contraste fortement avec les standards internationaux, où la continuité du travail est un facteur clé de performance.
Plus préoccupant encore, cette situation intervient malgré les recommandations des plus hautes autorités de l’État, ainsi que le soutien financier conséquent accordé à la Fédération. Dans ce contexte, l’incapacité à répondre aux besoins les plus élémentaires de la sélection nationale interpelle. Car au-delà des discours et des intentions, c’est bien l’équipe nationale qui devrait constituer la priorité absolue.
Aujourd’hui, le handball algérien semble à la croisée des chemins. Entre volonté affichée de réforme et absence d’actions concrètes, le décalage est frappant. Le temps, lui, continue de filer, et chaque jour de retard complique un peu plus la reconstruction d’une discipline en quête de repères et de crédibilité.
H. S.















































