La maîtrise de la production céréalière apparaît comme un défi à relever absolument, sur la base de données exactes et fiables indispensables à l’élaboration de la politique agricole dans ce domaine et la définition d’objectifs en rapport avec la réalité du terrain. En même temps, il s’agit de mettre un terme aux pratiques des spéculateurs qui profitent de toutes les brèches pour s’enrichir illicitement, à travers l’importation, et nuire à l’économie nationale. Des sources médiatiques nationales ont fait état d’une opération qui sera lancée dans toutes les wilayas concernées pour cerner les chiffres précis de la production céréalière. Ainsi, des unités de suivi et d’évaluation vont être mises en place localement par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche afin d’examiner et de vérifier avec précision le volume réel de la production céréalière nationale, tous confondus. Il s’agit, apprend-on, de mettre un terme à la circulation de chiffres erronés qui induisent en erreur et sont à la base d’évaluations mensongères qui justifient les importations impactant ainsi la facture alimentaire du pays. La composition de ces unités indique bien la volonté de faire un travail sérieux pour donner toute son efficacité à l’opération. Elles comprendront les directeurs des services agricoles de la wilaya, les représentants des chambres agricoles de wilayas, de l’Union nationale des paysans algériens et des ingénieurs de vulgarisation. La démarche n’a rien de routinier. La mission des unités de suivi et d’évaluation de la production céréalière nationale consistera en des visites sur le terrain, afin de déterminer avec exactitude le volume de la production et éliminer tout risque de falsification des données. L’établissement des données se fera à partir de la base et non pas de façon centralisée et bureaucratique qui laisse planer des doutes sur la fiabilité des chiffres. La démarche qui sera appliquée devrait aboutir à connaître la production réelle des agriculteurs. En même temps, les céréaliculteurs bénéficieront, jusqu’au début de la saison des récoltes, de l’appui en conseils et en accompagnement pour accroître les rendements. On sait que le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, insiste sur l’importance de la vulgarisation agricole comme pierre angulaire de la politique agricole. Dans ce sens, la création d’une chaîne de télévision dédiée aux services de vulgarisation agricole est envisagée. Tout récemment, Yacine El-Mahdi Oualid est intervenu devant la Commission de l’agriculture et du développement rural du Conseil de la nation, lors d’une séance d’audition, intitulée « La réalité de l’agriculture et de la sécurité alimentaire comme levier stratégique pour la réalisation de la souveraineté économique et la réduction de la dépendance aux hydrocarbures ». Il a souligné l’importance d’accompagner les agriculteurs et de leur fournir davantage de soutien et d’assurance pour garantir une bonne performance. Le ministre a rappelé la feuille de route sectorielle présentée en Conseil des ministres, qui définit, parmi ses priorités la sortie progressive de la dépendance aux importations dans le secteur agricole. Il a également fait savoir, à cette occasion, qu’un travail est en cours pour sélectionner les semences et introduire de nouvelles variétés adaptées au climat de chaque région. Il a évoqué des projets relatifs à la production locale de semences visant à atteindre l’autosuffisance, à sortir de la dépendance aux importations et à réduire le coût de production. Le président Abdelmadjid Tebboune insiste sur l’introduction des méthodes scientifiques dans toutes les étapes de la culture, selon une stratégie intégrée et avec la participation d’experts et d’ingénieurs agronomes, en tenant compte de la qualité des semences et de la spécificité de chaque région et de ses sols. Il a également ordonné de mobiliser tous les moyens nécessaires pour augmenter les capacités de production céréalière, en réaffirmant la priorité donnée à l’objectif d’augmentation du taux de production par hectare.
M’hamed Rebah












































