Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme dans la wilaya de Djelfa, la mission d’information de l’Assemblée populaire nationale a entamé dimanche une série de visites de terrain pour examiner les préoccupations des éleveurs et des producteurs d’aliments pour bétail. L a délégation s’est rendue dans plusieurs marchés de vente de bétail, pâturages et unités de production afin d’évaluer la situation réelle de la filière. La visite a débuté au marché hebdomadaire d’Aïn Roumia, relevant de la daïra d’Aïn El Ibel. Sur place, les éleveurs ont exposé les difficultés auxquelles ils font face : rareté des ressources en eau, succession d’années de sécheresse, réduction des surfaces pastorales et épuisement progressif du cheptel. Ils ont également dénoncé la pénurie d’aliments pour animaux et la flambée de leurs prix, qui ont alourdi leurs charges et contraint nombre d’entre eux à réduire, voire abandonner, leur activité. La délégation s’est ensuite rendue à l’unité de production d’aliments pour bétail « Granulat Royal ». Le propriétaire a expliqué que la capacité actuelle de production ne couvre qu’environ 2 % des besoins des éleveurs de la région, plaidant pour un approvisionnement accru en son afin d’atténuer, même partiellement, le déficit enregistré. La mission a également inspecté un centre d’engraissement des ovins pour s’enquérir de l’état des races réputées de la wilaya. À l’issue des échanges, les professionnels de la filière ont présenté plusieurs propositions destinées à développer le secteur et à stabiliser le marché de la viande. Ils ont notamment appelé à augmenter les quantités d’orge fourragère subventionnée et à les généraliser à toutes les catégories du cheptel, à réhabiliter les pâturages et les réserves steppiques, ainsi qu’à multiplier les points d’eau dédiés à l’abreuvement du bétail. La réalisation d’un laboratoire régional de santé animale figure également parmi les priorités évoquées. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mesures pratiques pour alléger le fardeau des éleveurs. Parmi les recommandations majeures : autoriser l’importation d’orge fourragère par les éleveurs, individuellement au profit d’environ 12 658 professionnels ou dans le cadre de six coopératives existantes ; permettre aux exploitants cultivant des fourrages d’acquérir les engrais nécessaires ; accélérer la construction de structures de stockage des céréales afin d’augmenter les capacités de la wilaya ; créer un laboratoire vétérinaire spécialisé dans les analyses liées aux maladies animales ; et mettre en place un observatoire national de la santé animale doté de technologies modernes pour anticiper les risques et préparer des programmes d’urgence avant l’apparition des crises. Ces recommandations, issues du terrain, traduisent l’urgence d’une stratégie globale pour préserver un secteur vital pour la sécurité alimentaire et l’économie locale.
Sarah O.










































