C’est une démarche récente de l’exécutif que celle de prendre les devants sur les échéances à venir. Les préparatifs du mois sacré de Ramadhan battent leur plein en ce moment pour sécuriser les approvisionnements du marché national et stabiliser les prix. À moins d’un mois de l’échéance, cette anticipation du marché est, somme toute, normale et raisonnable. Par contre, préparer l’Aïd El-Adha, prévu, dans plus de 5 mois, vers la fin du mois de mai prochain, cela s’inscrit dans une nouvelle démarche du Gouvernement. En effet et pour la deuxième année consécutive, le président, Abdelmadjid Tebboune, a décidé l’importation d’un million de moutons. La décision a été annoncée le 7 janvier dernier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Plus loin encore, pour la saison estivale de cette année, une commission nationale, chargée de la préparation et du suivi de cet évènement, initiée par le ministère de l’Intérieur, est déjà à pied d’œuvre depuis le 27 novembre dernier. Cette méthode de travail prévisionnel avait manqué jusque-là. Elle est apparue récemment. Qui s’en plaindrait ? Ne pas se laisser surprendre par des événements, qui se reproduisent cycliquement, est, assurément, une très bonne idée. Pour disposer du temps nécessaire à un travail en profondeur pour la circonstance. Un temps qui permet, aussi et surtout, de corriger les imperfections du passé et donc atteindre une plus grande efficacité à chaque nouveau cycle. Comme toute méthode qui, à ses débuts, est éligible à des nouveautés. Cependant et sans attendre, l’anticipation du Gouvernement gagnerait à être élargie à d’autres secteurs. Prenons l’exemple de la collecte des peaux de moutons qui a lieu après chaque fête de l’Aïd El Adha. Ses résultats sont mitigés. Pour la simple raison que c’est une opération qui n’est pas simple. Pour sa réussite, elle doit être réalisée méthodiquement et avec l’adhésion de tous les citoyens. Elle ne doit, à aucun moment, ni être improvisée, ni mélangée aux ordures ménagères. D’autre part, il faut passer des villes pilotes à la collecte sur l’ensemble du territoire national. De plus, il ne faut pas se contenter de la fête de l’Aïd mais rendre la collecte permanente auprès des abattoirs du pays. Pourquoi toute cette insistance ? Pour ne plus perdre des millions d’euros d’une matière première très demandée sur le marché international. Plutôt deux matières qu’une : la laine et la peau. La valeur et l’utilisation de la laine sont connus. Tandis que pour la peau, il y a tout lieu de penser que des informations s’imposent. Sur les vertus de la peau de mouton. Elle sert à prévenir et traiter les escarres. L’industrie des équipements médicaux l’utilise pour produire les sièges des fauteuils roulants et les matelas des patients alités. Mais pas que… À titre d’exemple : le leader de la vente en ligne « Amazon » vend la peau de mouton à 100 euros et plus, l’unité. Il faut revaloriser la collecte de ces peaux. Elles ont de la valeur à l’export. Ou localement pour des entreprises de transformations basiques qui restent à créer !
Zouhir Mebarki









































