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16 000 cadres et techniciens ont quitté l’entreprise depuis 2011 : Un plan d’urgence pour Sonatrach

Tant qu’il y aura du pétrole, il y aura Sonatrach, et tant qu’il y aura Sonatrach, l’Algérie aura sa pitance, dit un vieux dicton qu’on pouvait entendre de la vieille garde de l’entreprise pétrolière.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé. En pis. Depuis 2011, près de 16 000 cadres et techniciens spécialisés ont quitté l’entreprise mastodonte pour rallier d’autres sociétés pétrolières. La saignée est importante, puisque beaucoup de ceux qui avaient été mis à la retraite sont devenus des conseillers gagnant dans des entreprises du pétrole dans les pays du Golfe ou chez des majors occidentales.
Réunis à la Base du 24 février de Hassi Messaoud pour discuter des « Perspectives de Sonatrach à l’orée de 2030 », les responsables de l’entreprise ont admis le départ de près de 16 000 cadres et techniciens durant les six dernières années, considérant qu’il s’agissait d’une saignée dans l’entreprise. Si certains départs ont été justifiés par la mise à la retraite, dans beaucoup de cas, il s’agissait d’une quête personnelle d’autres horizons, plus rentables et mieux respectueux de leur profil, car Sonatrach n’offrait plus rien d’attractif, ni sur le plan de la rémunération, ni encore moins sur celui de la considération des compétences professionnelles, faisant entrer l’entreprise dans l’ère du fonctionnariat et du salariat.
Pour pallier à ce manque d’attractivité, le P-dg de Sonatrach, après avoir admis les erreurs passées, dit avoir échafaudé un plan, « une révolution interne », pour séduire et maintenir les cadres dans leurs postes de travail, par une meilleure révision de leurs salaires et une attractivité professionnelle, dont il n’a pas dévoilé les détails.
Sonatrach demeure, malgré la volatilité des marchés pétroliers, bon an, mal an, la « mamelle » de l’Algérie par excellence ; en l’absence d’une économie dversifiée, et en attendant que d’autres secteurs porteurs, tels le tourisme et l’agriculture, commncent à confirmer tout le bien qu’on pense d’eux, c’est au secteur des hydrocarbures de continuer à alimenter le pays et de faire en sorte d’être plus compétitif sur des marchés internationaux de plus en plus fermés. En s’incrustant dans les pays africains, par le biais du gaz et du pétrole, Sonatrach tente de s’ouvrir de nouveaux espaces dans le continent, tout en restant un des principaux fournisseurs aux pays européens et asiatiques.
F. O.