Et si l’Algérie était en avance sur son temps en ce qui concerne les choix nationaux souverains qu’elle opère aujourd’hui dans un contexte géopolitique régional et mondial alambiqué et moins visible et qui permet, par conséquent, moins de lisibilité ? En l’espace de cinq ans, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec deux pays. L’un est un vieux et mauvais voisin notoire et l’autre ne l’est pas moins malgré la distance géographique qui ne l’a pas empêché de tisser des accointances malveillantes et hostiles avec le premier. Les deux monarchies ont ceci de commun de partager un seul ennemi, notamment l’Algérie. Et pourquoi elle ? Parce que ce pays s’est érigé en dernier rempart qui s’oppose à l’entrisme sioniste dans une région convoitée et en proie à des influences étrangères pour les raisons géographiques, historiques, géopolitiques et économiques qu’on lui connaisse et reconnaisse de par le monde. En effet, le Maroc et les Émirats arabes unis, avec lesquels l’Algérie a coupé les ponts, sont au centre de l’actualité mondiale et au cœur même du jeu géopolitique dans la région d’Afrique du Nord et du Sahel. Ils doivent cette position, pour le moins déshonorante, au fait qu’ils soient des vassaux et des alliés attitrés des puissances impérialistes et expansionnistes du moment. Regardons un peu de plus près ce qui advient du Makhzen et d’Abu Dhabi et qui corrobore, comme constat, les motifs qui ont présidé à la décision de l’Algérie de se débarrasser de deux proxys qui sous-traitent pour le compte des assassins des enfants et des femmes palestiniens. Notre voisin de l’Ouest, pour commencer, fait face à une série de scandales compromettants qui le met à nu sur la scène mondiale. Les Émirats ne le sont pas moins. On se contente des faits factuels. Le Makhzen pour la crise savamment orchestrée de Ceuta et Abu Dhabi pour son rôle de premier plan dans l’alimentation des tensions et des conflits armés en Afrique. Au moment où le peuple palestinien se fait massacrer, le Maroc n’a éprouvé aucune gêne à faire progresser la normalisation avec l’entité sioniste. Aussi bien que leurs alliés émiratis qui ont signé un chèque en blanc aux bourreaux des Palestiniens. Sur le plan régional, et comme indiqué en haut, les deux proxys du sionisme se sont avérés un véritable tandem sur lequel mise l’entité sioniste pour casser l’Algérie. Notre pays, qui sait de quoi il retourne, a, agissant avant tout pour ses intérêts stratégiques et ceux de ses voisins immédiats ensuite, fait ce qu’il faut faire pour épargner à toute une région stratégique la mise en œuvre du plan du chaos. Que des rapports d’organisations mondiales bien connues découvrent – ou révèlent selon le cas – les actes hostiles des deux pays, tant mieux qu’ils soient mieux identifiés comme tels.
Farid Guellil










