Le Conseil de sécurité de l’ONU a examiné hier le projet de résolution américain sur Ghaza, un texte qui replace la question palestinienne au centre du débat international.
Conçu pour instaurer une «force de stabilisation internationale» dans l’enclave et préparer une éventuelle voie vers un État palestinien, le projet a été confronté à un rejet massif des factions palestiniennes et à l’opposition ferme de la Russie et du gouvernement sioniste. La résolution américaine propose la création d’une Force de stabilisation internationale (ISF), chargée de sécuriser les frontières de Ghaza, de superviser la démilitarisation et de participer au désarmement des groupes armés palestiniens. Elle prévoit également la création d’un « Conseil de paix pour Ghaza », présidé par Donald Trump jusqu’en 2027, avec de larges prérogatives politiques, économiques et militaires. Les factions palestiniennes dénoncent ce texte comme « dangereux » : selon elles, il instaure une tutelle internationale sur Ghaza, transférant le contrôle de la reconstruction et de la sécurité à une entité supranationale et réduisant leur droit souverain à gérer leurs affaires internes. Le désarmement obligatoire des groupes palestiniens est catégoriquement rejeté, les factions affirmant que le droit à la résistance et à la défense est inaliénable et doit être discuté uniquement dans le cadre d’un processus politique global menant à la fin de l’occupation et à la création d’un État palestinien. La Russie a présenté un texte concurrent réaffirmant la solution à deux États sans imposer de force internationale ni de Conseil de paix, et demandant au secrétaire général de l’ONU d’examiner d’autres options. De son côté, Washington a intensifié sa campagne diplomatique, mobilisant plusieurs pays arabes et musulmans — Qatar, Égypte, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Indonésie, Pakistan, Jordanie et Turquie — pour soutenir la résolution américaine. Au cœur du débat : le contrôle de Ghaza après la guerre. Les factions palestiniennes insistent pour que la gestion revienne aux institutions locales, avec une supervision onusienne, et refusent toute présence militaire ou administrative étrangère. Selon elles, le projet américain constitue une restauration déguisée du mandat colonial britannique, remplacé aujourd’hui par un contrôle direct américain et sioniste, amputant le peuple palestinien de ses droits souverains.
Ghaza sous pression : un plan colonial déguisé
Le projet américain envisage une Ghaza compartimentée : une « zone verte » sécurisée par les troupes internationales en coopération avec l’armée d’occupation, où l’aide humanitaire serait distribuée au compte-gouttes, et une « zone rouge » laissée en ruines, où plus de deux millions de Palestiniens survivent dans des conditions dramatiques. La reconstruction devient ainsi un instrument de pression et de reconfiguration démographique. Malgré la famine, les bombardements et les déplacements forcés, les Palestiniens restent attachés à leur terre et à leur droit à l’autodétermination. Pour eux, la paix ne peut naître d’une tutelle étrangère, mais d’une reconnaissance pleine et entière de l’État de Palestine, de son intégrité territoriale selon les frontières de 1967 et de la fin de l’occupation. Le projet américain, soutenu par Tel-Aviv, dépasse la simple manœuvre diplomatique : il impose un contrôle étranger sur Ghaza, bloque la souveraineté palestinienne et transforme l’aide humanitaire en outil de domination. Tant que cette vision perdurera, la tragédie palestinienne se poursuivra, mais jamais le peuple ne cessera de lutter pour son État, sa dignité et sa liberté.
M. Seghilani
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