Les tensions continuent de s’intensifier dans les territoires palestiniens occupés, marquées par la mort d’un jeune palestinien à El-Qods-Est, une vaste campagne d’arrestations en Cisjordanie occupée, ainsi que par l’avancée d’un projet de loi sioniste controversé prévoyant la peine de mort pour certains prisonniers palestiniens. Selon le Club des prisonniers palestiniens, les forces sionistes ont arrêté au moins 40 Palestiniens dans plusieurs régions de Cisjordanie occupée, y compris à El-Qods. Parmi les personnes interpellées figurent un journaliste originaire de Ramallah, une jeune femme de d’El-Khalil, ainsi que d’anciens détenus. Les opérations ont concerné notamment les villes de Naplouse, El-Khalil, Tubas, Tulkarem, Ramallah et Qalqilya. L’organisation souligne une intensification sans précédent des arrestations et des interrogatoires de terrain depuis le début de l’année, visant différentes catégories de la société palestinienne. Elle dénonce également un ciblage systématique des femmes, incluant des arrestations nocturnes et des méthodes d’interrogatoire jugées sévères. Sur le terrain, la situation reste particulièrement tendue à El-Qods-Est. Un Palestinien de 21 ans a été martyrisé hier matin par les forces sionistes dans le quartier de Jabal al-Mukabber, au sud de la ville. Parallèlement, plusieurs jeunes ont été arrêtés dans la zone, tandis qu’un ancien prisonnier a été interpellé à al-Ram après des pressions exercées sur sa famille. Dans la localité de Silwan, au sud de l’esplanade des Mosquées, les autorités israéliennes ont procédé à l’évacuation de 11 habitations abritant environ 65 Palestiniens, dans le quartier de Batn al-Hawa. Selon les autorités locales palestiniennes, cette opération s’inscrit dans une politique visant à transférer ces biens à des organisations de colonisation. D’autres incursions ont été signalées, notamment dans le camp de réfugiés de Qalandia et dans la localité d’Anata, où des habitations et des commerces ont été perquisitionnés. À l’est de Tulkarem, trois Palestiniens ont été arrêtés dans le village de Kafr al-Labad, tandis que des opérations de fouille ont eu lieu dans la ville voisine d’Anabta. Les violences ne se limitent pas aux forces militaires. Des colons sionistes ont mené plusieurs attaques contre des biens palestiniens, notamment dans les régions rurales d’Elkhalil et de la vallée du Jourdain. Des terres ont été clôturées, une structure agricole incendiée près de Qalqilya, et des slogans à caractère raciste ont été inscrits.
Les prisonniers palestiniens sous la menace de la peine de mort
Dans ce contexte déjà explosif, une évolution politique majeure suscite de vives réactions. La commission de la sécurité nationale de la Knesset a approuvé un projet de loi prévoyant la peine de mort pour les prisonniers reconnus coupables d’actes qualifiés de « terroristes ». Le texte doit être soumis prochainement à de nouvelles lectures parlementaires. Le projet stipule l’application obligatoire de la peine capitale sans nécessité d’un verdict unanime des juges, ainsi que son exécution dans un délai ne dépassant pas 90 jours. Il exclut également toute possibilité de grâce, verrouillant ainsi toute révision ultérieure de la sentence. Cette initiative a été vivement critiquée par plusieurs responsables et organisations palestiniennes.
Rawhi Fattouh, président du Conseil national palestinien, a dénoncé une dérive grave du système juridique israélien, accusé de légitimer des pratiques contraires au droit international. De son côté, le mouvement Fatah a qualifié ce projet de tentative de « légaliser le meurtre » et d’institutionnaliser des politiques de représailles. Le bureau des médias des prisonniers palestiniens a également condamné ce qu’il considère comme une escalade sans précédent, appelant à une mobilisation internationale urgente pour empêcher l’adoption de cette loi. Plusieurs organisations ont averti que ce texte pourrait aggraver les tensions, tant à l’intérieur des prisons qu’à l’extérieur.
Enfin, des institutions de défense des prisonniers ont lancé un appel à la communauté internationale, notamment aux Nations unies, pour intervenir et faire pression afin de stopper ce projet législatif. Elles demandent également des enquêtes indépendantes sur les conditions de détention et les allégations de mauvais traitements. Dans un climat déjà marqué par une forte escalade, ces développements illustrent une détérioration continue de la situation sur le terrain, faisant craindre de nouvelles tensions dans les jours à venir.
M. S.













































