Tripartite, à Alger, sur la Libye : les acteurs libyens invités à parapher l’Accord politique

Le projet d’accord politique des Nations unies (ONU), pour le règlement de la crise politico-institutionnelle et sécuritaire en Libye, est pour Alger «suffisamment consensuel pour une initiative susceptible de gérer la transition en Libye».

À l’ouverture des travaux de la tripartite de concertations sur la Libye, entre Alger, Rome et Le Caire, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelakder Messahel, a indiqué que le projet d’accord politique onusien est «rassurant» pour l’Algérie.
Dans son appel lancé, hier, aux acteurs libyens impliqués dans le processus du dialogue sous les auspices onusiens, Abdelkader Messahel, les invite «à placer l’intérêt du peuple libyen au-dessus de toute considération», de manière «à réaliser les aspirations du peuple libyen à une vie digne, à la paix et à la quiétude». La réunion tripartite a été présidée, hier, par le ministre Messahel et à laquelle ont pris part les ministres des Affaires étrangères d’Égypte, Sameh Choukry, et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération d’Italie, Paolo Gentiloni. La signature de l’Accord politique élaboré au terme d’une année de négociations, souvent difficiles, entre les acteurs libyens sous la médiation du responsable onusien Bernardino Leon, se veut dans le plus bref délai, par les voisins de la Libye, dont l’Algérie et la communauté internationale. La Libye qui, depuis près de quatre ans, est dans une situation chaotique, où la désolation et le désordre ont pris le dessus sur la vie politique et institutionnelle, situation profitant aux groupes terroristes qui s’y sont implantés, une menace pour le peuple libyen et ses voisins, notamment l’Algérie et l’Égypte. Pour sa part, le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, a qualifié, hier, d’«importante» et «décisive» la réunion tripartite de concertation entre Alger, Rome et Le Caire, d’Alger sur la Libye, au terme de laquelle, il s’est «félicité de la convergence de vues» entre ces trois pays. Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la tripartite en question, Messahel a souligné que la réunion traduit la «préoccupation» des trois pays -Algérie-Égypte-Italie, quant à la situation en Libye, et celle des pays voisins du bassin méditerranéen et du Sahel. Il a précisé, par ailleurs, dans son allocution, que « nous avons souligné lors de nos concertations précédentes l’urgence d’un règlement politique, mettant fin à la crise libyenne et à même de préserver la sécurité et la souveraineté de ce pays », a-t-il souligné. Pour le ministre Messahel, «aujourd’hui, et au vu de l’ampleur et de la gravité des défis sécuritaires qui se posent à la Libye, notamment ceux liés au terrorisme et à la criminalité» et d’ajouter qu’«il est impératif de parvenir à un consensus entre les partenaires libyens à même de préserver la Libye du chaos». Les responsables d’Alger, du Caire et de Rôme ont mis en exergue, hier, les efforts fournis de leurs pays respectifs, dans le cadre de leurs réunions de concertations, sur la Libye, visant à privilégier une solution politique, notamment la formation d’un gouvernement d’union nationale en Libye. Des efforts consentis par les trois pays réunis, hier à Alger, en soutien au processus onusien pour le règlement de la crise libyenne, une «collaboration» entre l’Algérie, l’Égypte et l’Italie, qui «ne date pas d’aujourd’hui», a précisé Gentiloni avant d’ajouter dans l’objectif de «soutenir les efforts des Nations unies pour le recouvrement de la paix et la stabilité en Libye». Réaffirmant «le soutien constant de l’Algérie» aux efforts de l’ONU «en vue d’un rapprochement de vues libyennes» pour «la formation d’un gouvernement d’union nationale capable d’assurer la transition» qui soit, a indiqué Messahel «le représentant légitime devant la communauté internationale et les partenaires de la Libye au niveau régional et international». C’est à travers la rencontre d’Alger que les trois pays «transmettent un message de paix» à la Libye, renouvelant par la même occasion leur «disponibilité à soutenir et accompagner le processus de stabilisation et de reconstruction de la Libye » a déclaré le ministre italien. Exprimant à cette occasion, avec «force» son «espoir» de voir les Libyens parvenir à un accord, le chef de la diplomatie italienne a souligné que la formation d’un gouvernement d’union nationale libyen une «décision souveraine relevant exclusivement des Libyens», a-t-il précisé. Il est à rappeler que la tripartite de concertations sur la Libye, entre les trois pays -Algérie, Égypte et l’Italie- s’est penché sur l’examen de la situation dans ce pays, l’évaluation des implications de l’instabilité politique et sécuritaire dans ce pays sur son voisinage et dans la région en général et les moyens susceptibles de d’accélérer et faire aboutir le processus de dialogue national interlibyen, par la formation d’un staff gouvernemental d’union nationale. Pour rappel, le conclave d’Alger entre ces trois pays est le troisième, après ceux abrités par l’Italie, en avril et l’Égypte, juin dernier. Il faut noter, par ailleurs, qu’Alger, Le Caire et l’Égypte entretiennent des concertations régulières sur la situation en Libye, notamment dans le cadre du groupe des pays voisins de la Libye, créé l’année dernier, à Alger, à l’initiative de l’Algérie lequel groupe compte aussi la Libye, la Tunisie, le Soudan, le Tchad et le Niger. Œuvrant dans ses efforts à trouver une solution politique à la crise libyenne dans le cadre d’un dialogue inclusif, et en soutien aux efforts de l’’ONU, le groupe précité a mis sur place deux commissions, celle que préside l’Algérie est chargée des questions d’ordre sécuritaires, et la seconde en charge des questions politiques est présidée par l’Égypte.
Karima Bennour

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