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Trêve par-ci, guerre par-là

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L’Iran et les États-Unis ont accepté, hier, au bout de quarante jours d’une guerre qui a failli jeter tout le Moyen-Orient et le Golfe persique dans le chaos, une trêve de deux semaines, suivie de négociations, devant débuter demain vendredi, autour d’une dizaine de conditions exigées par Téhéran en vue d’asseoir un cessez-le-feu durable. Il y a lieu, d’abord, de relever que Téhéran part dans une position de force dans ces négociations. Contrairement, donc, au président américain, Donald Trump, qui a dû battre en retraite après avoir échoué à atteindre – si tant est qu’ils existent – les objectifs de cette agression lancée le 28 février 2026 aux côtés de son allié sioniste. En posant ses conditions pour un cessez-le-feu durable et général dans toute la région, Téhéran le fait en connaissance de cause. La paix dans le Moyen-Orient passe aussi par l’arrêt de l’agression sioniste dans le sud du Liban ainsi qu’à Ghaza et en Cisjordanie occupée où la politique d’extension israélienne se poursuit. Pour preuve, au moment où les belligérants dans la guerre américano-sioniste contre l’Iran engageaient des tractations autour d’une trêve, l’armée israélienne continuait à pilonner le sud du Liban en provoquant, à la même journée d’hier, des dizaines de morts et de blessés. C’est la raison pour laquelle Téhéran exige de Washington qu’il se plie à ses conditions si l’agresseur cherche, réellement, à arrêter cette guerre qu’il avait lui-même lancée. Ainsi, Téhéran exige et prend engagement pour un cessez-le-feu immédiat, à travers l’arrêt total des frappes israélo-américaines sur son territoire iranien, la réouverture du détroit d’Ormuz si ses conditions de sécurité sont remplies, la levée des sanctions économiques contre l’Iran, discuter ouvertement de l’enrichissement de l’uranium, le retrait des forces étrangères et l’échange de prisonniers. Téhéran demande aussi à discuter autour de la table, de la libération mutuelle, incluant potentiellement des otages ou des détenus politiques, de garantir qu’aucune nouvelle agression ne sera lancée contre l’Iran, d’engager l’aide humanitaire et la reconstruction, de faciliter l’accès aux ressources pour réparer les infrastructures endommagées par les récents conflits et la reconnaissance de la souveraineté et le respect mutuel des frontières et de la non-ingérence dans les affaires intérieures. Téhéran exige aussi le cadre de négociation régional en impliquant d’autres puissances pour stabiliser durablement le Moyen-Orient. Enfin, les négociations officielles entre les délégations américaine et iranienne doivent se poursuivre à Islamabad, au Pakistan, pour transformer cette trêve temporaire en un accord durable.

Farid Guellil  

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