Travailleurs

TRAVAUX PUBLICS : « Près de 60% des entreprises ont mis la clé sous la porte »

La stagnation de la situation économique nationale affecte de plus en plus les entreprises. Et jusque là, ce sont celles qui opèrent dans le secteur du Bâtiment et des Travaux publics qui ont en payé le prix de cet état de fait. Ainsi, plus de la moitié des entreprises nationales du domaine sont contraintes à la fermeture, alors que des milliers de travailleurs sont jetés en conséquence dans la rue. C’est le président de la Confédération des industriels algériens (CIPA), Abdelwahab Ziani, qui en fait état, et tire la sonnette d’alarme, affirmant que «presque 60% des entreprises du secteur du BTP ont arrêté leurs activités ou sont sur le point de le faire».
Ziani a précisé que «les opérateurs du secteur du bâtiment et des travaux publics n’ont pas trouvé un interlocuteur pour les écouter» en expliquant que «La crise n’est pas économique, mais plutôt politique qui influe totalement sur l’économique» a-t-il assuré. Le président de la CIPA a rappelé dans ce sens que « le secteur du BTP se trouve dans une situation difficile, en raison de la crise profonde que traverse l’économie algérienne, notamment depuis la chute du prix du pétrole en 2014, année à partir de laquelle la commande publique a drastiquement reculé ».
Août dernier, l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) a attiré l’attention sur la situation du secteur du BTP en la qualifiant de critique. «Tous les indicateurs sont au rouge », avait averti l’AGEA, précisant que l’industrie de fabrication des matériaux de construction accuse une baisse de production comprise entre 70 et 80%, à cause de l’arrêt de la majeure partie des chantiers du pays. Selon l’AGEA, «plus de 36 000 entreprises du BTP sont menacées de disparition, risquant ainsi de mettre au chômage au moins 175 000 ouvriers du secteur ».
Par ailleurs, l’Algérie abritera la première conférence-Expo internationale sur l’industrie du ciment et du clinker (SEICA 2019). Cet événement économique aura lieu au centre des Conférences d’Oran (CCO) les 12 et 13 novembre prochain. Placée sous le thème « Cap sur l’export, la logistique », la manifestation mettra en relief l’expérience de l’Algérie dans ce domaine stratégique. Les organisateurs estiment que l’Algérie a franchi des étapes considérables dans le domaine passant du statut de pays importateur à celui de pays exportateur. L’Algérie a en effet exporté l’équivalent de 30 millions de dollars de ciment jusqu’à fin 2019 en direction notamment de pays africains, comme la Gambie. L’objectif affiché est d’atteindre les 500 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. SEICA constituera une occasion propice pour les entreprises participantes dont le groupe national GICA ainsi qu’à la Farge Holcimalgérie les principaux acteurs intervenant dans ce secteur pour exposer leur savoir- faire, mais surtout d’explorer des pistes de partenariats. Selon les organisateurs, « la présence internationale significative sera représentée par des entreprises, des institutions, et des organismes spécialisés ». Les quatre entreprises portuaires dotées d’infrastructures habilitées à être des supports pour les opérations d’exportation du ciment, à savoir celle de Skikda, Jijel, Oran et Annaba, par l’intermédiaire du Serport participeront au « SEICA 2019 » au même titre que plusieurs ministères tels que l’industrie, des transports et le groupe Logitrans, pour ne citer que cela.
«Les producteurs, les ports et les réseaux logistiques sont les plus importants piliers dans l’équation de l’industrie du ciment et une garantie pour asseoir une capacité concurrentielle appréciable sur le marché international », soulignent les organisateurs. « Cette conférence –expo va permettre aussi de mettre en avant la promotion du commerce à l’international et la promotion de nos entreprises de production à s’inscrire dans le processus d’exportation », ont-ils indiqué.
Lilia Sahed