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Syrie : soldats syriens et Kurdes font front commun à Hassaké

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Dans deux quartiers voisins de la ville de Hassaké, soldats syriens et combattants kurdes s’accordent une pause avant de repartir au combat. Pour la première fois depuis quatre ans, ils unissent leurs forces face à un ennemi commun, le groupe Etat islamique (EI). «Nous ne pouvons pas combattre tous seuls à Hassaké car l’EI attaque en grand nombre», explique à un journaliste de l’AFP un soldat abrité sous le toit brûlant d’une maison entourée de sacs de sable dans le quartier de Ghowayrane. Ce grand secteur se situe dans la partie méridionale de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme dans le nord-est de la Syrie.
Le contrôle de la ville est partagé entre l’armée syrienne et les Unités de protection du peuple kurde (YPG) depuis le début du conflit syrien en 2011 mais, menacées par l’EI, les deux forces ont décidé de faire front commun. Après une attaque du groupe jihadiste le 25 juin, l’armée a été chassée d’une poignée de quartiers du sud et, à mesure que la menace grandissait, les YPG se sont mobilisés. Ces derniers jours, les combattants kurdes sont parvenus à encercler la périphérie sud, permettant à l’armée de repousser les jihadistes de la majeure partie de Ghowayrane. «Nous avons chassé les gens de l’EI de Ghowayrane», affirme à l’AFP un officier supérieur venu inspecter ses troupes, précisant toutefois qu’une «petite partie» du quartier restait sous contrôle de l’EI. Il s’agit d’une coopération inédite entre le régime syrien et les Kurdes qui avaient opté pour la neutralité lorsqu’éclata la rébellion de 2011 contre Bachar al-Assad. En vertu d’un accord tacite avec l’armée syrienne, celle-ci s’était retirée de leurs zones au nord, leur offrant de fait une autonomie.
«Les Kurdes n’auraient pas pu encercler les combattants de l’EI sans les armes que nous leur avons fournies», soutient l’officier de l’armée syrienne, à quelques pas d’une carcasse de voiture piégée, l’un des nombreux véhicules utilisés par l’EI pour pénétrer Hassaké. Entre deux opérations, ses soldats se partagent une bouteille d’eau alors que les températures avoisinent les 40 degrés. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’EI est quasiment assiégé par l’armée du régime et les forces kurdes dans la partie sud, désertée selon l’ONU par 120.000 personnes sur une population de 300.000 habitants avant le conflit. Dans le centre-ville, épargné par les combats, la circulation est normale et les habitants font leurs emplettes dans les souks.

«Un seul ennemi, l’EI»
A 600 mètres des positions de l’armée, dans le quartier de Maarouf, une vingtaine de combattants des YPG se reposent au rez-de-chaussée d’une école transformée en quartier général.
Un drapeau syrien a été peint sur un mur de l’école, tandis que flottent les oriflammes des YPG et des YPJ (Unités de protection de la femme kurde).
Officiellement, les Kurdes démentent toute aide du régime, même si leurs armes sont de fabrication russe et ressemblent beaucoup à l’arsenal de l’armée syrienne. «Pour nous, il n’y a qu’un seul ennemi, c’est l’EI», affirme un combattant. «Jamais je n’accepterai que les sauvages de l’EI violent ma terre. Je ne resterai pas les bras croisés,» martèle de son côté Didar, un Kurde de 18 ans portant une arme automatique, scandant par la suite «YPG! YPG!». Au premier étage du bâtiment, des combattantes des YPJ suivent à travers le viseur de leurs fusils la progression de leurs compagnons d’arme en direction des positions de l’EI.
«Nos combattants poursuivent leur avancée en direction de l’est de la ville en vue de renforcer le siège de l’EI», indique Chirine, aux longs cheveux noirs, la tête ceinte d’un bandana.
Dans les airs, des avions du régime et ceux de la coalition antijihadiste menée par les Etats-Unis survolent la ville à tour de rôle.
Bien que le régime de Bachar al-Assad soit honni par Washington, un officier des YPG assure à l’AFP sous couvert de l’anonymat qu’»une coordination» existe entre l’armée syrienne et les forces de la coalition. «Ils communiquent à travers un médiateur kurde», confie-t-il.

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