SAHARA OCCIDENTAL : La situation des droits humains au cœur de la 63e session du CDH

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La situation des droits humains au Sahara occidental sous occupation marocaine a occupé une place importante lors de la 63e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies (CDH), dont les travaux, ouverts le 7 septembre à Genève, se sont achevés aujourd’hui.
Tout au long de cette session, plusieurs organisations sahraouies et internationales, en coopération avec un groupe de missions diplomatiques soutenant la cause sahraouie, ont multiplié les initiatives et les événements parallèles consacrés à la situation dans les territoires occupés du Sahara occidental. Les activités organisées en marge de la session ont notamment mis l’accent sur la dégradation continue de la situation des droits humains, marquée, selon les organisations participantes, par une recrudescence des actes d’intimidation et de répression visant les défenseurs sahraouis des droits humains. Ces derniers seraient notamment exposés aux détentions arbitraires, à la surveillance, au harcèlement et à différentes formes de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Les organisations de défense des droits humains ont également dénoncé les restrictions imposées à l’accès au territoire aux observateurs internationaux, aux journalistes ainsi qu’aux mécanismes des Nations Unies, estimant que ces entraves compliquent le suivi indépendant de la situation des droits fondamentaux dans les territoires occupés.

Justice climatique, ressources naturelles et droit à l’autodétermination
Parmi les principales initiatives organisées en marge de la session figurait une conférence consacrée à « La justice climatique et les droits humains dans le contexte de l’occupation étrangère », tenue le 8 septembre au siège du Conseil des droits de l’homme à Genève, sous l’égide du Groupe de Genève de soutien au Sahara occidental. Les débats ont porté sur le lien entre justice climatique, droits humains et droit international dans les territoires soumis à une occupation étrangère, avec un accent particulier sur le Sahara occidental. Les participants ont notamment examiné les implications juridiques, environnementales et humaines de l’exploitation des ressources naturelles ainsi que des projets énergétiques et d’infrastructures développés dans le territoire. La question du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination a également été mise en avant, de même que le principe de souveraineté permanente des peuples sur leurs richesses et leurs ressources naturelles. Les intervenants ont insisté sur la nécessité, selon eux, de garantir une participation effective du peuple sahraoui aux décisions concernant son territoire, ses ressources et la protection de son environnement. La rencontre a également abordé les conséquences environnementales et droits humains liés à certaines activités économiques, notamment l’extraction du phosphate, la pêche maritime et les projets d’énergies renouvelables. Des chercheurs et des organisations de la société civile ont exprimé des critiques concernant certains projets énergétiques implantés au Sahara occidental, estimant qu’ils pourraient contribuer à soutenir des activités extractives fortement consommatrices d’énergie et de ressources hydriques.

Les prisonniers politiques au centre des préoccupations
La situation des prisonniers politiques sahraouis a également figuré parmi les principales préoccupations soulevées durant les travaux. Les organisations participantes ont appelé le Conseil des droits de l’homme et ses mécanismes à prendre des mesures concrètes afin de renforcer la protection des défenseurs sahraouis des droits humains et d’obtenir la libération des prisonniers politiques. Ces appels interviennent dans un contexte marqué par les conclusions rendues en avril dernier par le Comité des Nations unies contre la torture concernant plusieurs cas impliquant des militants sahraouis, parmi lesquels Abdelmoula El Hafdi et Naâma Asfari, ainsi que des membres du groupe de Gdeim Izik. Selon les organisations de défense des droits humains, ces décisions établissent la responsabilité de l’occupant marrocain dans des violations de ses obligations découlant de la Convention contre la torture. Les participants à la 63e session ont ainsi renouvelé leur appel à permettre au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme d’accéder sans restriction au Sahara occidental, tout en demandant la fin des représailles et des actes d’intimidation visant les défenseurs sahraouis.

Un plaidoyer pour un contrôle international renforcé
À travers les différentes activités organisées à Genève, les organisations sahraouies et internationales ont cherché à maintenir la question du Sahara occidental au centre des discussions relatives aux droits humains, au droit international et à la protection de l’environnement. Elles ont notamment insisté sur la nécessité que les politiques environnementales, les projets énergétiques et l’exploitation des ressources naturelles dans le territoire respectent le droit international et les droits du peuple sahraoui, en particulier son droit à l’autodétermination et à la souveraineté permanente sur ses richesses et ressources naturelles. La clôture, aujourd’hui, de la 63e session du Conseil des droits de l’homme met ainsi fin à plusieurs jours de plaidoyer et de mobilisation autour de la situation au Sahara occidental, avec des appels renouvelés à renforcer les mécanismes internationaux de surveillance et de protection des droits humains dans le territoire.
M. S.