L’ambassadeur sahraoui, Khatri Addouh, a dénoncé la dégradation de l’état de santé des détenus politiques sahraouis dans les prisons de l’occupant marocain, dont certains observent une grève de la faim illimitée depuis le 23 septembre dernier. Il a appelé à leur libération immédiate et inconditionnelle, tout en exhortant la communauté internationale à intervenir face à cette situation qu’il qualifie de tragédie humanitaire.
Le peuple sahraoui demeure déterminé à défendre son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, quelles que soient les circonstances et l’ampleur des défis, a affirmé, hier, l’ambassadeur sahraoui à Alger Khatri Addouh, lors d’une conférence de presse, mettant en garde contre les graves dangers auxquels sont exposés les détenus politiques sahraouis incarcérés dans les prisons de l’occupant marocain. Dans sa déclaration, le diplomate a attiré l’attention sur la situation particulièrement préoccupante de ces détenus, dont certains observent, depuis le 23 septembre dernier, une grève de la faim illimitée, malgré les longues années déjà passées derrière les barreaux. Plusieurs d’entre eux sont incarcérés depuis 2010, a-t-il rappelé. Les peines prononcées à leur encontre varient de plusieurs années de prison à 25 ou 30 ans de détention, tandis que certains ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Une situation d’autant plus alarmante que nombre de ces prisonniers souffrent déjà de problèmes de santé et d’une dégradation de leur condition physique, les rendant particulièrement vulnérables aux conséquences d’une grève de la faim. Selon l’ambassadeur sahraoui, les détenus sont privés des droits et des garanties consacrés par les lois et les conventions internationales. Leur état de santé se serait considérablement détérioré, faisant peser de graves menaces sur leur vie. « Ils sont exposés à la mort à tout moment », a-t-il averti, soulignant l’urgence d’une intervention pour prévenir une issue tragique.
L’isolement et l’éloignement des familles dénoncés
Khatri Addouh a également condamné la poursuite de la politique d’isolement imposée aux détenus politiques sahraouis, ainsi que l’absence de prise en charge adéquate de leur état de santé. Il a dénoncé le refus de répondre à leurs revendications, notamment celles relatives aux visites familiales et au maintien de contacts réguliers avec leurs proches. Le diplomate a, en outre, rejeté leur maintien dans des établissements pénitentiaires éloignés de leurs familles et de leur patrie, le Sahara occidental, dans différentes régions situées à l’intérieur du territoire marocain. Cet éloignement géographique accentue, selon lui, les souffrances des prisonniers et de leurs familles, déjà éprouvées par la durée de la détention et les conditions dans lesquelles celle-ci se déroule. Face à cette situation, l’ambassadeur a appelé à mettre un terme aux pratiques dénoncées et à garantir aux détenus le respect de leurs droits fondamentaux, conformément aux engagements internationaux en matière de protection des droits humains.
L’ONU appelée à intervenir
Sur le plan diplomatique, il est à rappeler que le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, n’a cessé d’interpeller le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, afin que l’Organisation internationale intervienne pour mettre fin à cette situation. Le responsable sahraoui estime que l’ONU porte une responsabilité politique, juridique et morale face à cette tragédie humanitaire. Il a ainsi réitéré l’exigence d’une libération immédiate et inconditionnelle des détenus politiques sahraouis, appelant à une mobilisation internationale à la hauteur des risques auxquels ils sont confrontés. Enfin, l’ambassadeur a salué le rôle joué par les médias algériens dans le suivi de la situation des détenus durant cette période. Il a souligné l’importance de leur contribution à la sensibilisation de l’opinion publique et à la mise en lumière continue des conditions de détention et des souffrances endurées par les prisonniers politiques sahraouis. Alors que la grève de la faim se poursuit pour certains détenus, les appels à une intervention internationale se multiplient, sur fond d’inquiétudes concernant leur état de santé et les conséquences potentiellement irréversibles de cette mobilisation.
M. Seghilani

