La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a dressé un panorama détaillé de la rentrée de la formation professionnelle de février 2026. I ntervenant sur les ondes de la Radio nationale chaîne 3, elle a indiqué que « plus de 285 000 nouveaux stagiaires et apprentis ont rejoint les établissements de formation à travers le territoire national », tous modes confondus. Cette rentrée, qualifiée d’« active et dynamique », s’est déroulée dimanche dernier et s’inscrit dans une stratégie nationale visant l’adaptation de la formation aux besoins réels du marché de l’emploi et aux grands projets structurants engagés par l’État. La ministre a souligné que le lancement officiel de cette rentrée a eu lieu à Tindouf, une wilaya stratégique en lien direct avec les projets miniers. « Nous avons lancé plus de 30 nouvelles spécialités, dont 7 qualifiantes et diplômantes dans les techniques minières et quatre qualifiantes en techniques ferroviaires », a-t-elle précisé, ajoutant que « plus de 200 stagiaires se sont inscrits dès cette rentrée dans ces spécialités ». Cette orientation répond directement aux besoins générés par le projet de Gara Djebilet, nécessitant des compétences spécifiques, allant des conducteurs d’engins lourds aux métiers techniques liés à l’extraction et à la transformation. Évoquant l’adéquation formation-emploi, Nacima Arhab a expliqué que le secteur s’est préparé bien avant le lancement officiel du projet minier. « Nous avons revu les contenus de formation au niveau national, mais aussi de manière spécifique à Gara Djebilet, en concertation avec les opérateurs économiques et les spécialistes », a-t-elle déclaré. Selon elle, « cette démarche a permis d’identifier des manques importants dans certaines spécialités très demandées, appelées à croître en nombre tout au long de la chaîne de production minière, de l’extraction jusqu’à la transformation industrielle. »
RELATION AVEC LES OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES STRUCTURÉE
Concernant la relation avec les opérateurs économiques, la ministre a indiqué que celleci est désormais « structurée à travers des mécanismes permanents». « Nous avons mis en place des centres d’excellence qui servent de plateformes de connexion avec les opérateurs publics et privés », a-t-elle affirmé. Ces centres permettent d’identifier la demande en compétences, aussi bien en quantité qu’en technicité, à l’échelle nationale et locale. Elle a cité l’exemple du centre d’excellence de Bordj Bou Arreridj, orienté vers les techniques du froid et de l’électroménager, où l’insertion professionnelle est assurée immédiatement après la formation.
NÉCESSITÉ DE RÉORIENTER LES JEUNES VERS LA FORMATION
Abordant l’évolution de l’image de la formation professionnelle, Nacima Arhab a estimé qu’un changement de perception est indispensable. « Réorienter les jeunes vers la formation professionnelle est une nécessité, car dans certaines spécialités nous sommes en déficit », a-t-elle expliqué, mettant en avant les mécanismes d’insertion rapide et parfois automatique, garantissant un emploi après la formation. « C’est avec cette garantie que nous arrivons à convaincre les jeunes et leurs parents », a-t-elle affirmé, appelant à une vision complémentaire entre formation professionnelle et enseignement supérieur. La ministre a également détaillé l’introduction de nouvelles spécialités liées aux technologies émergentes. « L’intelligence artificielle et la cybersécurité ouvrent des opportunités d’emploi nationales et internationales », a-telle déclaré, précisant que « la demande dans ces domaines dépasse largement l’offre actuelle ». Pour y répondre, le secteur a recours à la formation à distance, au e-learning et au Centre national d’enseignement et de formation professionnels à distance. « Ces métiers permettent aussi l’auto-emploi et le Freelancing », a-t-elle ajouté.
LA NUMÉRISATION, UN LEVIER DE PERFORMANCE
Enfin, la ministre a mis en avant la numérisation du secteur comme levier de performance. « Depuis février 2025, les inscriptions sont totalement numérisées via la plateforme Tekwin », a-t-elle expliqué. Les stages et contrats d’apprentissage sont gérés par la plateforme Temhin, offrant une cartographie nationale de la demande. « Notre objectif est de trouver un stagiaire pour chaque contrat d’apprentissage », a-t-elle conclu, soulignant que l’interopérabilité avec l’ANEM permet désormais un suivi précis de l’insertion professionnelle des diplômés.
R. N.











































