RD CONGO : La transmission de l’épidémie d’Ebola s’accélère

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La transmission de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’accélère, malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi.
« La situation évolue rapidement, avec une transmission accélérée signalée dans 33 zones sanitaires touchées réparties dans trois provinces », a déclaré depuis Bunia Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences de l’OMS en Afrique, lors d’un point de presse à Genève. « La situation reste grave et continue d’évoluer. Cependant, la riposte se renforce de jour en jour », a-t-elle ajouté. Le 15 mai, la RDC a déclaré sa 17e épidémie de maladie Ebola, causée par la souche Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Son épicentre se trouve en Ituri, province du nord-est de la RDC, difficilement accessible en raison du mauvais état des routes et de l’insécurité entretenue par les groupes armés. « Des cas continuent d’être signalés dans de multiples régions, ce qui souligne la nécessité de maintenir et d’accélérer les efforts de lutte contre l’épidémie », a indiqué Mme Belizaire. Selon les chiffres officiels rapportés par l’OMS, 896 cas ont été recensés, dont 232 décès, soit un taux de létalité de 26% en RDC.

Au moins 30 décès dans un camp de déplacés
L’Ouganda voisin, qui comptabilise désormais 19 cas confirmés dont deux décès, n’a signalé aucun cas au cours des 12 derniers jours. Pour appuyer la riposte de la RDC, l’OMS a déployé plus de 115 experts dans les provinces et zones sanitaires touchées et acheminé plus de 110 tonnes de matériel d’urgence.
Au moins 30 personnes sont mortes, depuis début mai, dans un camp de déplacés civils du nord-est du RD Congo de l’épidémie d’Ebola, un taux de mortalité que les responsables du camp ont qualifié d’inédit, ont annoncé des responsables locaux. « Malheureusement, les patients ou leurs proches du camp de Kigonze à Bunia – épicentre de l’épidémie d’Ebola – avaient refusé de se soumettre à des tests, que ce soit sur les vivants ou les morts », a déclaré un porte-parole du camp et de l’organisation humanitaire Caritas. Cependant, tous présentaient des symptômes tels que maux de tête, fièvre et vomissements, qui sont associés à Ebola, a ajouté la même source. « Les gens ne mouraient pas comme ça auparavant », a relevé le porte-parole du camp, Désiré Grodya Bapi. Les décès survenus à Kigonze, qui compte plus de 15 000 habitants, font craindre que le virus Ebola ne circule de manière non détectée parmi les plus de 5 millions de personnes déplacées de l’est du pays, la résistance au dépistage aggravant le problème posé par des mesures d’assainissement extrêmement limitées.

75 soignants infectés depuis le début de l’épidémie
Au moins 75 professionnels de santé dans le pays ont été infectés par le virus Ebola, et 17 d’entre eux sont décédés depuis le début de l’épidémie actuelle, a déclaré l’OMS vendredi. « C’est un prix très élevé que paie le système de santé, car nous manquons de personnel médical en RDC », a déclaré Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences à l’OMS, lors d’une conférence de presse tenue par liaison vidéo depuis l’est de la RDC. La RDC présente l’une des densités de personnel de santé les plus faibles par rapport à sa population, avec seulement environ 11 agents pour 10 000 habitants, selon les données de l’OMS
L’OMS apporte un soutien psychologique à certains soignants qui, après avoir vu nombre de leurs collègues tomber malades, craignaient trop de traiter les patients, a-t-elle ajouté. « Quand ils vous expliquent comment ils vivent cela, comment ils ont été infectés… cela vous brise le cœur ». Le virus Ebola aurait circulé pendant plusieurs mois avant que l’épidémie ne soit officiellement déclarée par les autorités congolaises le 15 mai, ce qui signifie que de nombreux soignants ont été exposés à la maladie avant même d’en connaître la présence. Aujourd’hui encore, les responsables sanitaires indiquent que les stocks d’équipements de protection de base, tels que les gants et les masques, s’épuisent.
R. I.