La visite effectuée à Alger par Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, s’est achevée hier vendredi, après avoir rendu visite en prison à son compatriote, le journaliste Christophe Gleizes. Elle en avait formulé la demande, la veille, à notre ministre de la Justice, Lotfi Boudjemâa, qui y a répondu favorablement. Le contexte de cette visite ? Il y a un mois Mme Royal a été élue à la présidence de l’association France-Algérie. Une association créée en 1963 à l’initiative du général De Gaulle et qui a eu pour membres plusieurs personnalités dont Germaine Tillion, une célèbre ethnographe connue pour son respect des moudjahidine lors de la guerre d’Indépendance. Mme Tillion était elle-même une résistante lors de l’occupation de la France par l’Allemagne. Ceci pour dire que Ségolène Royal est dans la lignée des personnalités qui défendent, avec force, les intérêts de la France dans le respect de la souveraineté algérienne. Ce qui lui vaut des attaques en règle des milieux d’extrême-droite et des nostalgiques de « l’Algérie française ». Les médias de ces milieux ont été jusqu’à l’accuser de trahison. D’ailleurs son voyage à Alger « n’a rien d’officiel » s’est cru obliger de préciser le Quai d’Orsay. Hier, dans un entretien à Paris-Match, elle a été sans équivoque avec « ceux qui se disent patriotes (et) vont à l’encontre des intérêts de la France ». Quoiqu’il en soit, l’agenda de Mme Royal était rempli de rencontres d’officiels algériens et d’audiences acceptées. Comme celle que lui a accordée le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et dont elle dira, à la sortie, que cela « prouve sa volonté (du Président Tebboune NDLR) de dialogue ». Façon fort adroite de désigner les responsables de la crise actuelle entre les deux pays. L’autre remarque à faire est « l’oubli » des médias français de citer sa candidature à la présidence de la République française en 2007. Elle a été la première femme française à accéder au second tour de l’élection présidentielle et à deux doigts d’accéder à l’Élysée. Cependant, Ségolène Royal, même sans ordre de mission officiel, ne revient pas d’Alger les mains vides. Comme nous l’avons dit plus haut, elle a rendu visite, en prison, au journaliste français Christophe Gleizes. Mme Royal s’est également consacrée à renouer un partenariat, en berne depuis 2 années, des patrons français avec leurs homologues algériens. Elle a aussi promis d’insister auprès du président Macron pour la restitution des archives et des biens culturels algériens ainsi que la remise de la documentation des essais nucléaires français au Sahara. Tout ceci est positif. Mais avant la clôture de la conférence de presse, le journaliste de notre quotidien « Le Courrier d’Algérie » a posé la question qui s’imposait par sa justesse : « peut-on espérer le traitement de ces dossiers avant la fin du mandat du président Macron ? ». Réponse de Mme Royal : « Bonne question ! Si j’avais été élue en 2007, ce serait déjà fait ! ». Une vraie professionnelle de la politique !
Zouhir Mebarki







































