Fathi Gherras

PROPOS GRAVISSIMES DU CONSUL MAROCAIN : Ferme condamnation de la classe politique nationale

Le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), Fathi Gherras, a condamné, hier, les propos du Consul marocain à Oran, qui avait déclaré mercredi, que l’Algérie est un pays ennemi.
« Ces propos constituent une fuite en avant des autorités marocaines qui, à défaut de pouvoir venir en aide à leurs ressortissants coincés en Algérie à cause de la pandémie du coronavirus, tentent de mettre cette carence sur le dos des autorités algériennes pour ne pas subir les foudres de leurs concitoyens », a assuré le responsable politique. Mais, ajoute M. Gherras, ce n’est que peine perdue et les propos du représentant marocain ne peuvent, aucunement, altérer les relations fraternelles et solidaires entre les deux peuples frères, qui luttent chacun de son côté pour son émancipation sociale, ses droits et pour la liberté et surtout pour la construction du Grand Maghreb, tant souhaité par les peuples de la région pour vivre en harmonie dans un ensemble géographie soudé, y compris avec le Sahara occidental qui lutte pour son indépendance depuis années maintenant. Pour sa part, la présidente du groupe parlementaire d’amitié Algérie-Sahara occidental, Saïda Bounab, a dénoncé la sortie du Consul marocain à Oran. « L’Algérie a toujours été à l’avant-garde de la lutte pour la libération et la fraternité des peuples sur les questions des droits de l’homme et la libération de tous les peuples opprimés à travers le monde, d’où cette campagne de dénigrements de la part des autorités marocaines qui ne sont d’ailleurs pas à leur première sortie du genre pour intimider l’Algérie et son peuple, en raison notamment de la question sahraouie que l’Algérie a portée à bras le corps pour aboutir à l’indépendance de ce territoire occupé par le Maroc », a expliqué Mme Bounab, également député du FLN. Et d’ajouter : «  Les peuples algérien et marocain sont frères et ce n’est pas ce dérapage qui va remettre en cause les liens historiques et fraternels entre les deux peuples et ces propos ont d’ailleurs suscité une vague d’indignations auprès de nos frères marocains, notamment sur les réseaux sociaux ». De son côté, le parti Front El Mostakbal d’Abdelaziz Belaïd, a réagi, dans communiqué publié mercredi, au dérapage diplomatique du Consul marocain, appelant les autorités algériennes à prendre les mesures et dispositions nécessaires en usage dans les mœurs et lois diplomatiques à l’encontre du diplomate marocain.  « L’objectif recherché à travers ces propos dangereux et contraires aux mœurs et traditions diplomatiques en usage, est de créer la fitna (discorde) entre les deux peuples frères et ce dérapage grave constitue une atteinte aux solides relations établies entre les deux peuples », lit-on dans le même texte. « De tels propos renseignent sur l’inconscience et l’absence de vision auprès de ce diplomate qui semble en rupture avec la pratique diplomatique », a conclu le document. Même topo du côté du RND qui a condamné fermement, lui aussi, les propos du Consul du royaume marocain, et réclame des excuses auprès des autorités marocaines avant que l’incident ne prenne d’autres tournures.
« De tels propos sont inadmissibles et le fait d’y avoir pensé est déjà une erreur. Que dirait-on alors si ces propos avaient été tenus en présence de simples citoyens », a souligné le parti de Azeddine Mihoubi, dans un communiqué diffusé jeudi. « Le Consul marocain n’a accordé aucune importance aux conséquences qui peuvent découler de ce grave dérapage dans les différents médias et au sein de l’opinion publique, si le coup n’est pas rectifié à temps », affirme le parti dans un communiqué diffusé jeudi, tout en réaffirmant son soutien pour la position officielle de l’Algérie, et demande « le renvoi » de ce diplomate de notre pays.
Il est à rappeler que suite à cet incident diplomatique, le ministre des affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a convoqué, mercredi, l’Ambassadeur du Maroc, qui a été «confronté aux propos du Consul général du Royaume du Maroc à Oran lors du débat qui a eu lieu entre lui et les citoyens marocains». Le chef de la diplomatie marocaine a été ainsi informé que «la qualification du Consul marocain de l’Algérie de pays ennemi, dans le cas où elle s’avère réelle, est une violation grave des normes diplomatiques, ce qui ne peut en aucun cas être accepté».
Brahim Oubellil