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PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE : Six prétendants prennent rendez-vous auprès de l’ANIE

Au moins six candidats à la candidature, à la prochaine élection présidentielle, ont pris rendez-vous auprès des services de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) pour déposer leurs dossiers, a affirmé, hier, le président de ladite autorité, Mohamed Charfi. Charfi qui a animé un point de presse a refusé de donner les noms des potentiels candidats ayant pris rendez-vous. Toutefois, des rumeurs avaient déjà circulé à ce sujet, donnant, Ali Benflis, président de Talaïe El Hourryat, Abdelaziz Belaïd, du Front El Moustakbel, le chef du parti El binaâ El Watani, Abdelkader Bengrina, et le candidat indépendant, Abdelmadjid Tebboune, comme étant les seuls postulants ayant pu récolter les parrainages exigés par la loi. L’ancien ministre de la Justice a, par ailleurs, « vanté » sa décision de prolonger le délai des inscriptions sur les listes électorales, décision qui a permis, selon lui, à pas moins de 248 000 personnes de s’inscrire lors de cette prolongation, soit 25% de plus que la première période. Charfi a également affirmé que la demande de certains prétendants pour la prolongation du délai de la collecte des signatures a été rejetée. « La loi est claire, on ne peut pas la changer», a t-il tranché. Toujours dans le contexte de la présidentielle, le chargé de communication du Front El Moustakbal, que nous avons contacté hier, par téléphone, nous a affirmé que son parti a demandé un rendez-vous auprès de l’Anie, pour samedi à 14h00, tout en précisant toutefois que le parti n’a pas encore eu de réponse de confirmation. Sur la question de la collecte des signatures, la même source a expliqué que l’opération de réception des formulaires est toujours en cours, tout en assurant que le cap des 50 000 signatures exigées par la loi «est largement dépassé.» Même son de cloche auprès du parti de Bengrina « El Binaâ ». Les formulaires signés affluaient toujours au bureau de cette formation politique, et que le nombre exact de signatures recueillies n’est pas encore établi, mais le parti dispose «de plus du double» des 50 000 signatures exigées, à en croire le vice-directeur de communication du prétendant à la candidature, M. Wahab Kalaï, que nous avons pu joindre par téléphone.
« On a de quoi valider deux candidatures », a répondu M. Kalaï, et d’ajouter qu’une demande a été formulée auprès de l’ANIE, pour prise de rendez-vous, pour jeudi prochain. Là encore le parti n’a reçu aucune réponse pour l’heure, a précisé notre interlocuteur. Pour sa part, M. Lagab, directeur de communication du candidat indépendant, Abdemadjid Tebboune, nous a fait savoir que la collecte des 50 000 signatures a été dépassée de loin, et la réception des formulaires signés se poursuit toujours, précisant qu’une demande pour prise de rendez-vous a été déposée, mais seule l’ANIE est habilitée à gérer ces rendez- vous selon son calendrier.

Le FLN n’a pas de candidat
Si la non-participation à cette course électorale des partis traditionnels de la mouvance démocratique, comme le RCD, le FFS et le MDS n’étonne pas grand monde, l’absence du plus vieux parti, à savoir le Front de libération nationale, à cette échéance est un signe révélateur du désarroi et de l’instabilité au sein de cette formation politique. Parti agissant de la défunte Alliance présidentielle aux côtés du RND de Ahmed Ouyahia, TAJ de Amar Ghoul et le MPA de Amara Benyounès, tous croupissant à la prison d’El-Harrach, l’ex-parti unique pour ne pas dire l’ex-parti tout court, n’arrive plus à se relever depuis l »incarcération de ses chefs. Son Secrétaire général par intérim, Ali Seddiki, a apporté la confirmation, hier, depuis Ouargla. « Le FLN n’a pas présenté de candidat à l’élection du 12 décembre 2019 car, au regard de la conjoncture qu’il traverse, il n’est pas en mesure de l’emporter », a affirmé M. Seddiki, sans trop s’étaler sur la question, avant d’appeler ses militants d’aller voter en masse le 12 décembre pour le candidat de leurs choix. Le mouvement populaire en marche depuis le 22 février a réussi à barrer la route au 5e mandat de Bouteflika, et a fait éclater l’Alliance présidentielle, dont l’incarcération des chefs de ces partis a pesé lourd sur le fonctionnement de ces formations politiques, désormais paralysées. Hormis le RND, représenté à ce scrutin par son Secrétaire général par intérim, Azzedine Mihoubi, aucun autre parti de cette alliance (Taj, Mpa, FLN) n’a donné signe de vie.
Brahim Oubellil