Covid-19

POUR CASSER LA CHAÎNE DE CONTAMINATION : Les dernières mesures de l’État suffisent-elles ?

Notre pays, qui est entré dans la quatrième vague de la pandémie, selon les chiffres de Covid-19 et les affirmations des spécialistes de la santé, devra-t-il reconduire les mesures de confinement de 10 jours prise par l’État pour casser la chaîne de contamination ?

En effet, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait pris des mesures pour empêcher la propagation du virus Corona dont la suspension pour 10 jours des cours en milieu éducatif et universitaire, fermeture des espaces publics et de détente, appelant à renforcer la vaccination comme seule solution de sortie de cette crise sanitaire. Il a aussi donné des instructions au Premier ministre, ministre des Finances et au ministre de la Santé à l’effet d’assurer la disponibilité des tests de dépistage, tous types confondus et en quantités suffisantes, tout en facilitant l’accès des citoyens à ces tests dans toutes les régions du pays et en toutes circonstances.
En revanche et avec l’explosion des cas de contamination dans le pays, dépassant « en réalité » selon le Pr Kamel Djenouhat les 20 000 cas au quotidien, nous observons un relâchement flagrant dans les mesures barrières chez les individus et les responsables de l’application des lois, ainsi que dans les lieux de loisir, les transports en commun, les magasins. Ce comportement bloquera malheureusement la réalisation des objectifs escomptés, principalement le recul du rythme de la contagion ce qui conduira à l’étude de l’éventuelle reconduction des mesures après les dix jours fixés. C’est d’ailleurs ce à quoi ont alerté les professionnels de la santé, précisant que ce « relâchement » « contribuera à la hausse des cas et donc d’une vague plus importante » avertissent quant au risque majeur et persistant de « l’effondrement du système de santé si la situation demeure irréversible quant au non-respect des barrières et protocole sanitaire, d’autant plus que la vaccination n’enregistre pas encore un grand afflux ».

70% des cas dépistés dans les laboratoires sont testés positifs
Quant au nombre des tests réalisés dans les laboratoires, le Dr Abdelhalim Chachou, président de l’Association des laboratoires d’analyses de biologie médicale, a fait état d’un nombre important de tests antigéniques, entre 100 et 200 au quotidien, au niveau des laboratoires après la hausse des contaminations au variant Omicron, indiquant qu’environ 70% des cas sont testés positifs. Cependant, Dr. Chachou s’est dit navré de ne pas voir ces résultats figurer dans le bilan rendu public quotidiennement par le ministère de la Santé sur le nombre de contaminations, un bilan basé uniquement sur les tests PCR.

Le Dr Merabet propose un confinement de 24 heures
Après avoir salué les décisions prises par le chef de l’État, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, a alerté sur la situation épidémiologique et prévient qu’elle se complique davantage, avec une pression qui augmente au niveau des structures de santé, insistant sur l’impératif de respecter toutes les obligations préventives sanitaires, tant au niveau personnel que collectif. « Les décisions prises sont amplement justifiées. Ces mesures ordonnées par le président de la République vont sûrement contribuer à casser la chaîne de transmission, à condition de redoubler les efforts également au niveau de la sensibilisation et de l’éducation sanitaire à l’attention de l’ensemble de la population. Il est nécessaire, par ailleurs, de revenir à une application très stricte des protocoles de santé et des lois de la République, puisque le port du masque dans les lieux publics est une disposition qui a été mise en place à travers un décret signé par le Premier ministre. C’est le cas aussi pour la distanciation physique. Merabet propose un confinement de 24h pour une aire géographique donnée « dans le cas où il serait nécessaire de revenir au confinement partiel, il n’y a pas lieu de mettre en place un confinement par rapport à une certaine plage horaire, mais il serait préférable plutôt de recourir à un confinement de 24 heures à appliquer au niveau des aires géographiques concernées » explique-t-il donnant l’exemple des pays comme les États-Unis ou l’Angleterre.

… et le Dr Yousfi suggère l’obligation de la vaccination
Le chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, le Dr Mohamed Yousfi a rappelé, encore une fois, que les chiffres communiqués par le ministère de la Santé sont très loin de la réalité, relevant que dans nos établissements hospitaliers notamment celui de Boufarik où il active, les cas compliqués et en réanimations sont infectés par le Delta qui circule toujours « en forme grave », précisant que 70% des lits sont occupés. Signalant en revanche qu’Omicron engendre une charge et pression dans les services, relevant la contamination massive du personnel de la santé « au bout de 10 jours nous avons enregistré la contamination de 12 membres du personnel, on se retrouvera avec des services presque vides si la situation reste ainsi, et le personnel refuse de se faire vaccinés » prévient-il.
En outre et concernant les mesures à prendre à fin d’endiguer la vague, le spécialiste a indiqué qu’il faut accompagner et s’habituer à cette pandémie pour qu’il y ait moins de dégâts à travers « les mesures barrières et la vaccination », en excluant le retour au confinement. « Les mesures barrière doivent être appliquées même dans les périodes d’accalmie » affirma-t-il. Quant à la vaccination, il dira «  qu’il faut aller vers l’obligation dans certains secteurs à l’instar de la santé, l’éducation nationale… et tout secteur ou administration qui a un contact direct avec le grand public, concluant : « car c’est le seul moyen qui permet de contenir le virus ».
Sarah Oubraham