La Banque d’Algérie a adressé une nouvelle note aux banques exigeant que les opérations bancaires soient cohérentes avec le profil et l’activité du client. L’objectif visait la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le paiement en espèces est de nouveau autorisé pour l’alimentation des comptes bancaires commerciaux, selon la Note n°1 du 4 janvier 2026 adressée par la Banque d’Algérie aux banques.
Il avait été interdit le 22 décembre 2025 par une autre note de la Banque d’Algérie adressée aux mêmes banques dans le but de renforcer les mesures de vigilance liées aux dépôts en espèces (cash), et qui imposait que les comptes commerciaux devaient être alimentés principalement par des moyens scripturaux (virement, chèque, carte) et que les dépôts en cash seront limités et autorisés uniquement dans des cas exceptionnels dûment justifiés. La note exigeait que les opérations bancaires doivent être cohérentes avec le profil et l’activité du client. L’objectif invoqué par cette note était la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’inclusion financière des clients à faible risque était censée être préservée. L’interdiction des dépôts d’espèces sur les comptes bancaires commerciaux avait surpris certains observateurs au fait du volume de transactions financières en espèces sur le marché commercial. Tout le monde le sait, les commerçants encaissent en espèces et opèrent leurs dépôts bancaires en espèces, qui atteignent des niveaux parfois très élevés. Par quelle «gymnastique » pouvaient-ils passer au mode scriptural du jour au lendemain. En outre, cette mesure semblait, aux observateurs, contradictoire avec la volonté des pouvoirs publics d’attirer vers les banques les fonds du marché parallèle en dehors du circuit bancaire. En même temps, la mesure était justifiée par l’exigence de plus de transparence et de sécurité dans le système bancaire, en fait, principalement, par la lutte contre le blanchiment d’argent. Dans tous les cas, cette mesure n’a pas tenu la route deux semaines, elle a donc été annulée par la note du 4 janvier 2025. Avec la nouvelle note, les mesures de vigilance à l’égard de la clientèle doivent être observées comme par le passé. Le versement en espèces est autorisé à concours du chiffre d’affaires quotidien et/ou hebdomadaire. Le banquier doit s’assurer de la cohérence entre l’activité commerciale déclarée et les opérations bancaires exécutées, pour rester dans la lutte contre le blanchiment d’argent. À ce sujet, la note du 4 janvier 2026 est claire : « les opérations de la clientèle doivent être en adéquation avec le profil du client et en cohérence avec les informations que la banque détient à son sujet ».
Les banques sont bien outillées pour la lutte contre le blanchiment d’argent sur la base du règlement du 24 juillet 2024 adressé aux banques, aux établissements financiers et aux services financiers d’Algérie Poste qui doivent, dans ce sens, « s’acquitter de leur devoir de vigilance en mettant en place et en tenant à jour des programmes écrits de prévention, de détection et de lutte ». Il s’agit de mettre en place des politiques, des procédures et un contrôle interne. Selon le Règlement de la Banque d’Algérie, les banques, les établissements financiers et les services financiers d’Algérie Poste « doivent, dans le but d’éviter de s’exposer à des risques liés à leur clientèle et à leurs contreparties, garantir la mise en place de mesures efficaces en matière de « connaissance de la clientèle ». L’étendue de ces mesures doit être déterminée sur la base « d’une analyse individuelle des risques, en fonction des caractéristiques spécifiques du client et de la nature de la relation d’affaires ou de l’opération à titre occasionnel, en adéquation avec l’évaluation globale des risques », précise le Règlement.
En matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, on sait que l’Algérie déploie des efforts pour se conformer aux standards internationaux et a mis en place une stratégie nationale de mise en conformité, afin de sortir de la liste grise du GAFI (Groupe d’action financière).
M’hamed Rebah













































