MOUVEMENT DES NON-ALIGNÉS : L’Algérie à Belgrade pour plaider le renforcement de l’intégration

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La participation de Khalida Boufedèche, présidente de l’Assemblée populaire nationale, hier lundi et aujourd’hui mardi, à Belgrade, en Serbie, à la réunion commémorative de la première conférence constitutive du Mouvement des non-alignés, permet à l’Algérie « de renouveler l’engagement en faveur du renforcement de l’intégration, de la concertation et de la coopération entre les pays membres du Mouvement, dans un contexte international complexe marqué par le retour des phénomènes de polarisation et de la logique de la force. »
Chargée par le président de la République, Khalida Boufedèche est accompagnée du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, pour prendre part aux travaux de la réunion de haut niveau commémorant le 65e anniversaire de la première conférence constitutive du Mouvement des non-alignés. Le communiqué de l’APN, qui donne l’information, précise que cette rencontre est organisée sous le thème : « L’héritage historique du non-alignement : des leçons pour le monde d’aujourd’hui ». La même source indique qu’une participation de haut niveau des États fondateurs du Mouvement, ainsi que des membres de la « Troïka » du Mouvement des non-alignés, était attendue à cet événement. C’est l’ « occasion propice pour raviver les principes fondateurs du Mouvement, tracés par les pères fondateurs depuis la Conférence de Bandung en 1955 et le Sommet de Belgrade en 1961 », a conclu le communiqué. L’Algérie, qui était encore sous domination coloniale à la création du Mouvement des Non Alignés en 1961, à Belgrade, a constamment affirmé son attachement aux principes du Mouvement, dont le soutien inconditionnel au droit des peuples à la liberté et à l’autodétermination, comme le prouve la position algérienne à l’égard des questions palestinienne et sahraouie.
En juillet 2025, lors de l’une de ses rencontres périodiques avec des représentants de la presse nationale, en évoquant les principes de la politique étrangère de l’Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé que « l’Algérie est fidèle au principe du non-alignement » auquel elle a adhéré en 1955. Pour rappel, en droite ligne de en 1955, de la Conférence tenue en 1955 à Bandung, sur l’île indonésienne de Java, le mouvement des Non Alignés a officiellement été constitué en 1961 à Belgrade (ex-Yougoslavie) à l’initiative de Josip Broz Tito (Yougoslavie), Gamal Abdel Nasser (Égypte) et Jawaharlal Nehru (Inde). Le 2e Sommet (1964) s’est tenu au Caire (Égypte) et le 3e Sommet (1970) à Lusaka (Zambie). L’histoire retient surtout le 4e Sommet réuni à Alger, entre le 5 et le 9 septembre 1973 et présidé par le président Houari Boumédiène, en présence de 57 chefs d’Etat et nombre d’organisations internationales. Le Sommet d’Alger a été marqué par la vision algérienne du Non Alignement exprimée par le président Boumediène. Cette vision était fondée sur l’exigence de relations économiques internationales plus justes et l’affirmation des revendications du Tiers-Monde en ce sens. L’Algérie a, ainsi, été à l’origine d’un programme intitulé le Nouvel ordre économique mondial adopté par l’Onu en 1974, consistant en des mesures concernant les matières premières, le financement du développement, l’industrialisation, les transferts de technologie et le contrôle des firmes multinationales. C’est en sa qualité de président en exercice du 4ème Sommet des pays non-alignés, que le président Boumediene a prononcé le 10 avril 1974, en session extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, le discours qui fera date dans l’histoire des relations économiques internationales. En janvier 2024, le 19e sommet du Mouvement des pays non alignés qui s’est tenu à Kampala (Ouganda), a traité de la question de l’insécurité alimentaire, du changement climatique, du financement du développement et de la question de la dette. Il comptait, alors, 120 pays membres, dont la plupart des Etats africains. Il reste le deuxième plus grand groupe de pays après les Nations unies.
M. R.