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4 mars 2024
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MORT MYSTÉRIEUSE DU DOCTEUR MOURAD SGHIR : Le Makhzen dans le pétrin

Ancien médecin militaire au sein des Forces royales marocaines, dont il a fini, par acte de rébellion, à déserter les rangs, le docteur Mourad Sghir est mort à Tanger, au Maroc, dans de mystérieuses circonstances qui ont suscité la curiosité de l’opinion publique.
C’est le très « sourcé » journaliste et opposant marocain, Ali Lmrabet, qui a donné l’information sur ce qui semble être à priori, un assassinat passé sous le manteau, et dont les médias du Makhzen étaient forcés à reprendre la thèse officielle, à savoir un décès pour causes sanitaires. En effet, pouvait-on lire dans un post sur le compte « X » de Lmrabet : « La mort du docteur Mourad Sghir, l’ancien médecin militaire qui s’était exilé un temps avant de retourner au Maroc et qui était victime ces derniers mois d’un intense harcèlement, documenté !, de la justice et de la police judiciaire, est bizarre. Elle est même très bizarre. »
Ce décès aurait pu passer inaperçu, mais le fait que l’homme en question soit un personnage public qui plus était un ancien militaire et un farouche opposant au régime du Makhzen, suffit pour aborder la piste d’un assassinat commandité. À partir de l’exil où il était il y a encore quelque années, ce défenseur acharné des droits de l’Homme n’a cessé de dénoncer les dépassements, les violations et la répression de ses concitoyens marocains soumis au diktat des forces du Makhzen. Combien de cadavres, parmi les militaires assassinés après avoir osé un tantinet d’opposition au chef, s’empilaient dans les tiroirs du Makhzen ? Ils ne se comptent sûrement pas sur les doigts d’une main.
Le Marocains, parmi les voix libres qui continuent encore à se poser des questions sur les « faits et méfaits du régime » ont en effet appris avec consternation la mort mystérieuse de ce médecin militaire résident à Tanger, et lequel était très suivi dans les réseaux sociaux. Le défunt « œuvrait sans relâche à dénoncer les violations des droits humains au Maroc », témoigne un média alternatif marocain pour qui, la mort du défunt médecin militaire « a suscité l’indignation de tous ceux qui le connaissaient et suivaient ses sorties sur la corruption du régime du Makhzen et de nombreuses questions sur les conditions de sa mort restent sans réponse, même si les avis sont unanimes sur le fait qu’il s’agit d’une opération des services secrets marocains visant à éliminer un élément dont les activités médiatiques dérangeaient. »
Selon la même source qui cite le capitaine Mustafa Adib, Mourad Sghir a exercé en Malaisie, au Vietnam et dans plusieurs autres pays asiatiques et africains, et parfois avec des organisations humanitaires internationales. Récemment, ajoute-t-on, il avait un contrat de travail en Guyane, une colonie française située en Amérique du Sud.
Pour ce qui est de l’affaire, en l’absence du parquet de Tanger c’est la police qui communique sur ce qui semble être un assassinat. Selon des publications sur les réseaux sociaux, « celle-ci a affirmé aux membres de la famille de cet ancien médecin militaire qu’il a été trouvé inconscient dans une rue de Tanger ». Une thèse vite contredite par les déclarations du beau-frère du défunt pour qui, le jour de la disparition du médecin, il avait eu une visite des services de la police et qu’il a enregistrée dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.
Farid Guellil

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