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MODALITÉS D’EXERCICE DE L’ACTION SYNDICALE : Tebboune appelle à la tenue d’un large débat

Le Conseil des ministres a examiné dans sa réunion tenue dimanche une série de dispositions inhérentes aux modalités d’exercice du droit syndical, dont une proposition sur la nécessité de s’éloigner définitivement, dans le cadre de la loi, des pratiques politiciennes, et du lien organique entre les syndicats et les partis. Dans un communiqué de la présidence, il est souligné, en effet, que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a présidé une réunion du Conseil des ministres, consacrée à l’examen d’une série de dispositions proposées sur les modalités d’exercice du droit syndical. Parmi les points évoqués, la nécessité de s’éloigner définitivement, dans le cadre de la loi , des pratiques politiciennes, et du lien organique entre les syndicats et les partis et d’entamer un large débat autour des propositions inhérentes aux modalités d’exercice du droit syndical, conformément à la teneur de la Constitution, des lois de la République et des lois internationales en vigueur, en prenant en considération que l’action syndicale est l’un des fondements de la démocratie, tel que stipulé dans la Constitution. Les dispositions proposées concernent également le retour aux bases de l’action syndicale appliquées à l’international, à savoir la défense des droits des travailleurs et la promotion du climat de travail. En ce qui concerne ce dernier point, l’on devrait mettre plus de lumière lors du débat revendiqué par le Président sur la question de l’absence de syndicats dans les entreprises économiques privées. Un secteur où l’on ne déclare souvent pas les employés. En effet, le constat établi en octobre dernier, par Nouredine Bouderba, spécialiste des questions sociales,  et ancien syndicaliste, montre que plus de la moitié des travailleurs algériens, soit près de 6 millions d’employés, exercent dans le secteur informel, à titre de salariés non déclarés, d’indépendants, de tâcherons, d’agriculteurs, de travailleurs à domicile, etc., sans aucune protection sociale contre les aléas de la vie, la maladie ou la perte de revenu. Dans le secteur privé (non informel), a-t-il ajouté, ils sont plus de 3 millions de salariés, dont les trois quarts occupent un emploi temporaire. La moitié de ces travailleurs, dont quatre jeunes sur cinq, ne sont pas déclarés à la sécurité sociale. Ce qui est encore plus déplorable, c’est que le pouvoir de négociation de cette catégorie de travailleurs est pratiquement nul puisque, dans la pratique, le droit syndical et son corollaire, le droit à la négociation collective, pourtant consacrés par la loi, leur sont refusés. Mais la précarité ne se limite plus au secteur privé. Il arrive souvent de trouver, dans beaucoup d’entreprises publiques, des travailleurs en CDD successifs, depuis plus de 10 ans, voire 15 ans, au mépris de la loi, a signalé le même spécialiste.
Ania Nch