MAROC : Un festival culturel contesté sur fond de normalisation

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Alors que la contestation contre les différentes formes de normalisation avec l’entité sioniste se poursuit au Maroc, la campagne pour le boycott académique et culturel de l’entité sioniste a ainsi dénoncé l’organisation de la troisième édition du festival « Rencontres Esther et Salma », qui se tient depuis le  8 octobre, y voyant une initiative de normalisation culturelle. À noter que cette Campagne intervient également au moment où le peuple sahraoui célébrait la Journée nationale de la tente sahraouie, en commémoration du camp de Gdeïm Izik, dont les premières tentes ont été dressées le 10 octobre 2010 à l’est de la ville occupée d’El-Ayoun.  Une journée qui revêt une importance particulière en ce qu’elle met en évidence la place de la tente dans l’identité, l’histoire et la résistance du peuple sahraoui à travers les âges.  
Dans un communiqué, la Campagne a dénoncé la présence de personnalités sionistes et les hommages qui leur ont été rendus lors de ce festival. Elle estime que ces initiatives contribuent à banaliser les relations avec l’entité sioniste, tout en occultant les crimes et le génocide dont le peuple palestinien est victime à Ghaza, ainsi que les violences en Cisjordanie et au Liban. Elle a également critiqué l’instrumentalisation de la culture comme moyen de promouvoir la normalisation.   La Campagne a souligné que « la lutte contre la normalisation demeure une nécessité permanente, devenue plus urgente que jamais face à la poursuite de l’agression sioniste à Ghaza, à l’intensification du nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, y compris à El-Qods, et aux attaques contre le Liban et les peuples de la région ».  
Elle a appelé l’ensemble des participants au festival à se retirer « immédiatement » et à ne pas permettre que leurs noms et leurs œuvres soient utilisés pour «légitimer» la normalisation.
Elle a également exhorté les organisateurs à annuler l’événement ou à en supprimer les composantes qu’elle considère comme relevant de la normalisation, dans le respect des principes du boycott académique et culturel et de la position du peuple marocain opposé à cette démarche.  La Campagne a rappelé que le peuple marocain a, à plusieurs reprises, exprimé son soutien à la lutte de libération palestinienne, notamment à travers des mobilisations et le déploiement du drapeau palestinien lors de différentes manifestations. 
Cette contestation s’inscrit dans un mouvement plus large porté par des syndicats universitaires, des organisations étudiantes et des associations de défense des droits, qui multiplient les pétitions et les rassemblements pour dénoncer les différentes formes de normalisation dans les espaces éducatifs, artistiques et sociaux.  Des universitaires et des analystes estiment que la normalisation culturelle et académique fonctionne comme une forme de « puissance douce », susceptible d’influencer la conscience collective et d’affaiblir la place de la cause palestinienne auprès des jeunes générations, à travers les arts et l’enseignement.
 
L’éducation également dans le viseur des opposants
Dans le cadre des campagnes contre la normalisation, la Commission marocaine de lutte contre la normalisation dans l’éducation, l’encadrement et les études au Maroc a mis en garde, dans un communiqué, contre l’incursion de l’entité sioniste dans ce secteur sensible. Elle a affirmé que l’école ne doit pas servir de cadre à des relations, des programmes ou des partenariats contribuant à la normalisation avec l’occupation, qualifiée de criminelle et meurtrière, ou visant à en blanchir l’image dans les établissements éducatifs.  La Commission a exprimé son rejet catégorique de toute transformation de l’éducation en « passerelle vers la normalisation », alors que les écoles palestiniennes sont détruites et que les enfants palestiniens sont privés de leur droit à l’éducation.
Elle a également mis en garde contre les projets visant à pénétrer ce secteur.  Elle a enfin appelé à « surveiller et à combattre toutes les formes de normalisation éducative, culturelle et académique visant à blanchir l’image de l’entité sioniste fasciste et de ses crimes ou à la présenter comme un acteur ordinaire dans le domaine éducatif », réitérant son rejet de tout accord, programme ou activité éducative susceptible de transformer les établissements scolaires marocains en espaces de normalisation.
Ania N.