Assimi Goïta

Mali : De hauts officiels français et l’émissaire de la Cedeao à Bamako

Le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, s’est entretenu, lundi, avec deux émissaires du président français Emmanuel Macron a indiqué le responsable malien sur son compte Twitter. Il a fait savoir, que « lundi passé, j’ai reçu les envoyés spéciaux du Président Macron, Franck Paris et l’Amiral Jean Philippe Roland » et que nous avons échangé, a-t-il poursuivi « sur les défis liés à la lutte contre le terrorisme et la stabilité du Sahel » a indiqué Assimi Goïta dans un tweet. Précisant que leurs échanges ont porté sur « la nécessité d’adopter une démarche globale et inclusive » il a ajouté que celle-ci doit « prendre en compte les aspirations de nos populations et soit fondée sur la participation et la collaboration plus active de l’ensemble des pays du G5 Sahel ». Le ballet diplomatique à Bamako a coincidé, avec l’arrivée, selon l’annonce de la mission onusienne au Mali, de la troisième compagnie du bataillon reconstitué des Forces armées maliennes (FAMa) et a pu rejoindre sa base de Kidal, dans le nord-est du Mali, conformément à l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation. La Mission multi dimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) a annoncé, en effet, lundi, que « La 3ème compagnie du bataillon des Fama reconstituées de Kidal, initialement stationnée à Gao, a finalement rejoint, sa garnison de Kidal malgré plusieurs attaques des groupes terroristes », a indiqué la Minusma sur son compte Twitter. « Il s’agit d’une étape décisive dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation », réalisée, estime la même source «  grâce à l’engagement de la Minusma et aux efforts de toutes les parties signataires » de l’Accord d’Alger sur le Mali ». Le bataillon reconstitué est composé « des soldats des forces armées maliennes, des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et des ex-combattants des groupes armés pro-gouvernementaux » est-il indiqué, rappelant que c’est « dans le cadre de l’Accord d’Alger qui prévoit à son article 21 le redéploiement des forces de défense et de sécurité dans toutes les régions du nord ». Il est à noter que la première compagnie du bataillon est arrivée à Kidal en février 2020 et a immédiatement intégré le camp militaire d’où l’armée malienne avait été délogée en 2014 par les mouvements armés du nord. Quant au ballet diplomatique à Bamako, il est à rappeler que c’est la première fois que le président de la Transition malienne échange avec des officiels français de haut rang, depuis sa prise de pouvoir suite à un coup d’État, 24 mai dernier, qui a été «fermement condamné, par Paris. Une réaction de la France qui a été suivie par l’annonce de la « suspension de sa coopération militaire avec le Mali ». Dans la foulée, le président Macron avait même annoncé la fin de l’opération Barkhane au Sahel pour la fin du mois en cours, pour se redéployer, dans le nouveau plan collectif, Otan et forces des pays de l’Union européenne, discuté faut-il le rappeler, lors du dernier Sommet de l’Otan, qui a vu la participation du président américain Joe Biden et de son secrétaire d’Etat, Antony Blinken. Aussi lundi dernier, le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo en visite de deux jour au Mali a indiqué un communiqué de la présidence malienne, lundi qui a exprimé « son soutien au peuple malien », au terme d’une visite de deux jours à Bamako. Animant une conférence de presse conjointe avec le président de la transition malienne Assimi Goïta. le président Umaro Sissoco Embalo a déclaré qu’il était au Mali « en visite d’amitié et de soutien au peuple malien » et d’ajouter qu’il a été « chargé par la CEDEAO « à   transmettre des préoccupations concernant l’engagement que le Mali doit tenir». Poursuivant, il a indiqué, à partir de Bamako, qu’ « on ne peut oublier le Mali malgré sa suspension de la Cédéao, car c’est un pays frère et membre fondateur de la Cédéao » , a-t-il rappelé. De son côté le responsable malien Assimi Goita a déclaré qu’il avait évoqué « différents points » avec l’émissaire de la Cédeao, citant « , notamment le point de la transition, conformément à nos engagements tenus lors du sommet de la Cédéao » lequel concernait, a-t-il poursuivi « la mise en place du gouvernement avec un Premier ministre civil, d’honorer nos engagements conformément à la tenue des élections aux échéances prévues », a-t-il indiqué. Affirmant que «des instructions ont été données au Premier ministre de veiller sur ces différents aspects », le président de la transition malienne, sur la question de la sécurité, il a fait savoir qu’il a donné des assurances à son homologue bissau-guinéen que les autorités maliennes vont œuvrer à améliorer la situation » avec a-t-il ajouté « l’ensemble de ses partenaires ». Le président bissau-guinéen est le premier, faut-il le noter, chef d’État étranger à se rendre au Mali, depuis le changement opéré la tête de la Transition.
Karima B.