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MAISONS INCENDIÉES, BIENS DÉTRUITS ET DEUX PALESTINIENS TUÉS À KAFR AQAB : Les colons israéliens intensifient les attaques en Cisjordanie occupée 

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La Cisjordanie occupée a vécu, hier à l’aube, une nouvelle vague de violences menées par les colons israéliens et l’armée d’occupation, marquant une escalade redoutée depuis plusieurs semaines.
Des habitations ont été incendiées, des fermes ravagées et de jeunes palestiniens ont été abattus dans le nord d’El-Qods occupée, tandis que les opérations d’arrestation se multiplient dans plusieurs villes. Depuis les premières heures du matin, les colons ont mené des attaques coordonnées dans différentes zones de la Cisjordanie occupée. À Khirbet al-Majaz, dans la région de Masafer Yatta, au sud d’ElKhalil, des groupes de colons ont agressé violemment des Palestiniens, les frappant et détruisant leurs biens sous la protection directe des forces d’occupation. À Bethléem, plusieurs habitants du village de Kisan ont été victimes d’étouffement après l’irruption brutale des soldats israéliens et des colons. Des gaz lacrymogènes ont été tirés au milieu des habitations, provoquant un état de panique généralisé. À Ramallah, les colons ont incendié une chambre agricole à Abu Falah et recouvert ses murs de slogans racistes, un acte devenu tristement banal dans des zones sous pression permanente. Le nord de la Cisjordanie occupée n’a pas été épargné. À Naplouse, des colons ont mis le feu à six villas touristiques en construction sur le mont Tarouja, situé entre les villages de Lubban al-Sharqiya et Amouriya. Le gardien du site a été grièvement brûlé en tentant d’éteindre l’incendie qui dévorait les structures. Dans le village voisin de Deir Sharaf, un centre horticole a été pris pour cible : des serres ont été détruites, les cultures méthodiquement saccagées. Parallèlement à cette flambée de violence civile, les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées. À Tulkarem, quatre Palestiniens ont été arrêtés dans le quartier d’Ikttaba. Plus au nord, un drame s’est déroulé à Kafr Aqab, près d’El-Qods occupée, où deux jeunes Palestiniens ont été tués par les tirs directs des forces sionistes. Selon le ministère palestinien de la Santé, les deux victimes sont Amro Khaled Ahmad al-Marbu‘ (18 ans) et Sami Ibrahim Sami Mshaikh (16 ans). Les forces d’occupation ont pénétré dans la ville avant l’aube, déployant des tireurs d’élite sur les toits des habitations. Les snipers ont ouvert le feu sur les jeunes qui tentaient de repousser l’incursion, une scène devenue fréquente dans le nord d’El-Qods où les opérations militaires se multiplient. Les corps des deux martyrs ont été transférés au complexe médical de Palestine, à Ramallah, où une foule nombreuse s’est rassemblée pour leur rendre hommage. Les cris des proches et les slogans scandés lors de la procession ont résonné dans la ville, rappelant le climat de colère et de deuil qui enveloppe la Cisjordanie occupée depuis des mois. Les violences ne se sont pas arrêtées là. Des médias palestiniens ont rapporté qu’une ferme à Abu Falah, près de Ramallah, a également été incendiée par des colons. Plus au nord, dans la région de Jénine, une affaire d’une gravité exceptionnelle a été révélée par la presse israélienne : selon le quotidien Haaretz, des soldats israéliens auraient volé un troupeau appartenant à une famille palestinienne du village de Sanour, avant de le remettre à des colons. L’incident remonterait au 10 octobre dernier, lorsqu’une dizaine de soldats ont envahi la ferme, saisi le troupeau et l’ont confié peu après à des colons qui affirment – sans preuve – que les animaux leur appartenaient. La famille palestinienne, appuyée par l’Association pour les droits civiques en Israël, a déposé un recours devant la Cour suprême, dénonçant un acte violent et totalement illégal. Les soldats auraient refusé de fournir le moindre mandat ou justification lors du vol du bétail. Les attaques de ce vendredi ne sont que la partie visible d’un phénomène largement documenté. Selon l’Autorité palestinienne de lutte contre le mur et la colonisation, les colons ont commis 766 attaques en octobre dernier, concentrées principalement dans les régions de Ramallah, Naplouse et ElKhalil. Cette intensification est interprétée par de nombreux observateurs comme une stratégie visant à imposer des “faits accomplis” sur le terrain, en profitant du chaos géopolitique pour accélérer l’annexion de larges pans de la Cisjordanie occupée. La multiplication des incendies criminels, le saccage de serres, les agressions physiques, les tirs en pleine rue et même le vol de bétail ne constituent pas des actes isolés. Ils sont le reflet d’une politique d’impunité totale accordée aux colons, encouragée et protégée par les forces d’occupation qui, bien souvent, agissent en symbiose avec eux. La Cisjordanie occupée vit ainsi au rythme d’une pression multidimensionnelle : expansion des colonies, intensification des incursions militaires, criminalité organisée des groupes de colons, et violences systématiques visant à chasser les habitants palestiniens des zones rurales stratégiques. Ce vendredi sanglant, rythmé par les flammes, les coups et les balles, s’inscrit dans une série noire où la frontière entre armée officielle et milices coloniales ne cesse de s’estomper. Derrière les chiffres, les rapports et les statistiques, il reste les visages d’une population palestinienne qui tente de survivre dans un environnement où l’impunité est la règle et où la violence est devenue le langage quotidien de l’occupation. Les attaques de ce jour n’en sont qu’un nouveau chapitre, tragiquement ordinaire, dans un conflit colonial qui redouble de brutalité sur une terre qui étouffe sous la pression constante des colons.
M. Seghilani 

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