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LUTTE CONTRE LE COVID-19 EN ALGÉRIE : Y a-t-il vraiment d’alternative au confinement total ?

Le confinement total, décrété pour Blida et partiel pour Alger et neuf autres wilayas, décidé par les hautes Autorités du pays pour éviter la propagation du coronavirus, prendra fin initialement le 04 avril, soit samedi prochain.

Toutefois la levée ou la prolongation de ces restrictions dépendront sûrement de la proportion que prendra cette épidémie durant cette semaine. C’est une semaine décisive, à plus d’un titre, sur la future posture à adopter face cette épidémie. Si la courbe de la propagation affiche un déclin, le pays pourrait penser à un rétrécissement partiel de ces mesures. Dans le cas contraire, on ira vers des mesures plus drastiques et rigoureuses. Et le confinement total sera alors préconisé à travers tout le pays. Cependant même si la tendance s’affiche, par miracle, à la baisse, il est trop tôt pour crier victoire et la vigilance doit rester de mise jusqu’à son éradication totale, ou du moins avoir le contrôle de la situation, pour éviter l’effet surprise de sa réapparition. Car le Covid-19 est plus compliqué à travers ses incessantes mutations et sa capacité à survivre même en dehors de sa couvée naturelle à l’intérieur du corps humain ou animal. En effet le coronavirus s’accroche à la vie même sur du papier, du plastique et du métal. Mais avant de penser à la gestion de la tendance (croissant /décroissant) de la courbe du coronavirus, il est plutôt primordial d’agir, en amont, en dégageant, à travers tout le territoire national, des espaces aménagés spécialement pour accueillir d’éventuelles vagues de malades. Agir par anticipation permettra d’éviter le désordre que peut engendrer un flux de personnes atteintes qui prendra de court les autorités et provoquera le blocage des hôpitaux chargés de gérer l’épidémie. Aucune autre alternative au confinement total en dehors d’un dépistage général. Ce dernier permettra de ne confiner que les personnes atteintes. Mais malheureusement cette mesure demeure impensable dans notre pays. Et les autorités l’ont déjà fait savoir d’ailleurs. Pour cette raison et bien d’autres, les autorités doivent s’orienter en urgence vers des mesures de restrictions plus drastiques et plus de rigueur dans leurs applications, en sévissant par la force publique contre les réfractaires et en instaurant, si la situation l’oblige, des amendes conséquentes sur les contrevenants, car ça y va de la santé publique. Autrement dit : Aller, sans trop tarder, vers un confinement total et national et décréter l’état d’urgence sanitaire sur tous le territoire national pour faire barrage à l’avancée en galopant de cet invité « surprise » qui sème la mort partout où il passe, avant que la situation ne s’envenime davantage et devienne incontrôlable avec toutes les conséquences que peuvent engendrer pareilles situations. Le temps presse et il n’y a plus de place aux atermoiements, ni à la posture de l’autruche face un danger réel. Car le pays est assis sur un volcan « viral » qui risque de déborder à tous moment. Et pour s’en convaincre, il suffit tous juste de sortir sa tête de l’eau et jeter à coup d’œil sur ce qui se passe en Europe, nouvel épicentre de cette épidémie, pour les mêmes raisons de confinement tardif. Et à présent, et chaque jour que Dieu fait, ils s’adonnent à des adieux à vous déchirer le cœur, en enterrant, par centaines, leurs morts. Et l’Italie a atteint un record vendredi, avec près de 1 000 décès en 24H.
On ne cessera jamais assez de le répéter que le couvre-feu instauré à Alger et les autres neuf wilaya, allant de 19h00 jusqu’à 07 du matin, n’aura que peu, voire aucun impact positif dans la lutte contre le virus mortel. C’est tout simplement un non-sens. Il faut penser, dès maintenant, à limiter la libre circulation de la population à seulement quelques heures de temps pour pouvoir faire les courses, car rien ne se fait à distance en Algérie et tout nécessite un déplacement pour s’en approvisionner. C’est pendant la journée que le risque de contamination est imminent en raison des va-et-vient incessants de la population et c’est durant le contact que la propagation arrive à son apogée.
L’Algérie a déjà perdu assez de temps comme ça, à cause d’un manque de courage politique dans la prise de décisions et de trancher sur des questions qui relèvent pourtant de la santé de toute une population. Et la dernière, les autorités demandent une fatwa des hommes religieux pour convaincre les gens de rester chez eux. L’heure n’est pas aux prêches des Oulamas, ni aux supplications pour que les gens puissent rentrer chez elles, mais plutôt à l’intervention infaillible de la loi et la force publique qui suivra, pour faire respecter les directives énoncées pour stopper l’avancée du virus. Un virus qui, lui, suit son petit bonhomme de chemin, en décimant des milliers de vie à travers les quatre coins de la planète.
Brahim Oubellil