Lutte contre la violence faite aux femmes : Meslem intransigeante

Dans un entretien accordé à l’APS, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mounia Meslem, a mis en exergue la nouvelle stratégie de son département en matière de lutte contre la violence. Étant consciente des proportions alarmantes, que le phénomène, en Algérie, a pris ces dernières années, la ministre s’est voulue rassurante quant à la prise en charge de cette catégorie de la société. L’épisode de la lutte contre la violence se poursuit. L’Algérie s’est engagée à éliminer ce fléau et à agir pour que les comportements du genre soient combattus par un arsenal juridique et des campagnes de sensibilisation. Ainsi, dans son interview, la ministre a appelé à la mise en place d’un plan d’action pour lutter contre la violence sous toutes ses formes en associant tous les acteurs de la société. Mme Meslem a précisé que cette démarche « qui doit s’inscrire sur le court et long termes requiert les efforts de tous les secteurs, la société civile, les médias, les experts et les chercheurs dans différentes spécialités pour définir les mécanismes de lutte contre le phénomène de la violence qui prend de l’ampleur ».
Dans le même sillage, la ministre a appelé à conjuguer les efforts afin de faire face à ce phénomène et l’éradiquer à la source, tout en plaidant pour l’ouverture d’un débat franc, sincère et transparent, impliquant toutes les composantes de la société. De surcroît, la première responsable du département de la solidarité nationale a assuré que celui-ci œuvre en coordination avec les différents secteurs concernés en vue de définir les mécanismes d’action et de sensibilisation sur les dangers de la violence et la nécessité de lutter contre ce phénomène. Nous devons, a-t-elle dit, «essayer de trouver des solutions à ce phénomène qui ronge notre société», rappelant en outre les grands contours de la stratégie de lutte contre cette forme de violence mise en place par l’Algérie et qui s’articule autour de trois axes principaux, en l’occurrence la prise en charge de la femme battue, l’information, la sensibilisation et l’accompagnement de la femme sur le plan socioprofessionnel, afin de faciliter son émancipation et son intégration dans le monde du travail. À cet égard, elle a fait savoir que de larges campagnes de sensibilisation sont, d’ores et déjà, menées par son département en coordination avec les secteurs concernés.

Les lois à la rescousse des femmes battues
Tout en mettant l’accent sur la volonté du gouvernement de mettre en place un arsenal juridique à même de bannir le phénomène de la violence contre la femme et préserver ses droits. C’est dans cette optique que le projet de loi amendant et complétant le Code pénal adopté par les députés de l’APN en mars 2015 prévoit de nouvelles dispositions en matière de protection de la femme contre toutes formes de violence. Il s’agit entre autre du nouvel article bis portant protection de l’épouse des coups et des blessures volontaires provoquant un état d’invalidité ou causant l’amputation, la perte d’un membre, une invalidité permanente ou la mort de la victime, en introduisant des sanctions en fonction du préjudice. Le projet de loi prévoit également un autre article criminalisant toute forme d’agression, de violence verbale, psychologique ou maltraitance notamment en cas de récidive. Concernant la politique de prise en charge de l’enfance assistée, la ministre a fait savoir que des mécanismes d’accompagnement ont été mis en place pour faciliter l’insertion de cette catégorie de la société à travers l’enseignement et la formation en vue de les aider à se prendre en charge. Pour ce qui est de la politique du secteur en matière d’accompagnement des catégories vulnérables, Mme Meslem a souligné que les mécanismes de l’Agence nationale de gestion de micro-crédits avaient permis la création de plus de 662 000 micro-entreprises dont 62% sont gérées par des femmes. Au sujet de la prise en charge des ressortissants nigériens et maliens en situation irrégulière en Algérie, elle dira qu’une enveloppe de plus de 600 millions DA a été allouée, et ce, durant la période 2014-2015.
Lamia Boufassa

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