Libye-Union européenne : discorde sur la migration

Le vice-président du gouvernement d’union nationale libyen, Ahmed Maetig a demandé, vendredi dernier, à l’Union européenne (UE) de conclure avec son pays, le même accord qu’elle a scellé avec Ankara, sur la question des migrants. Il s’agira du renvoi vers la Libye, de tous les migrants irréguliers, y compris les demandeurs d’asile, se rendant, depuis la Libye vers l’Europe, en contrepartie, les Européens accorderaient une aide financière à la Libye, comme c’est le cas dans l’accord UE/Ankara.

Une demande qui intervient à la veille du sommet à Honovre, Allemagne, ce lundi, regroupant les chefs d’Etat des pays influents de l’Otan, Etats-Unis, Italie, Royaume-Unis, Allemagne, France-, lequel conclave portera sur les questions internationales, notamment dont la Libye et la lutte contre le terrorisme de Daech. C’est au terme de la rencontre entre le ministre de l’Intérieur italien, Angelino Alfano et le responsable libyen Maetig, en visite à Rome, que les services ministériels d’Alfano, ont indiqué, dans un communiqué, que le responsable libyen, Ahmed Maetiq « a demandé que l’on procède à un accord entre l’Union européenne et la Libye sur le modèle de ce qui a été réalisé par l’Union européenne avec la Turquie ». La Libye a ajouté, la même source, a «remercié » à cette occasion « l’Italie pour le soutien au peuple libyen, en souhaitant » que Rome, poursuit-on, « puisse continuer à être en première ligne dans le processus de réconciliation nationale visant à la construction d’une nouvelle Libye démocratique et unie». Ayant effectué le déplacement avec le vice président, A.Maetig, le ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’union nationale de Libye, Aref Khoja, s’est entretenu avec son homologue italien, au terme duquel, celui-ci a déclaré être « satisfait de la rencontre » avant d’ajouter que « nous travaillons ensemble et dès maintenant dans la lutte contre le terrorisme et le trafic d’êtres humains» a indiqué le responsable italien. Pour rappel, peu de jours après l’entrée du gouvernement de Fayez Serraj à Tripoli et sa prise de contrôle, le premier responsable étranger à se rendre dans la capitale libyenne, était le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, lui ont succédé ses homologues, allemand et français, puis celui du Royaume-Unis, leur succédant le ministre algérien des Affaires maghrébines, d’Afrique et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, qui le premier des scènes africaine et arabe à s’être rendu, mercredi dernier, à Tripoli. Sur un autre plan, après le retrait des autorités de Tripoli, ouvrant voie à la prise des fonctions du gouvernement d’union nationale, la majorité des députés, 102 sur les 198 que compte le parlement libyen, siégeant à Toubrouk et reconnu par la communauté internationale, a exprimé sa confiance au staff gouvernemental de Fayez Serraj, dans une déclaration, dans laquelle, les députés expliquent également avoir été « de nouveau empêchés de voter formellement». En réaction à la déclaration en question, la communauté internationale a dénoncé, vendredi dernier, « des menaces inacceptables» contre les députés libyens. Avant leur conclave de Hanovre, en Allemagne, ce lundi, Bruxelles, Washington, Londres et Paris, ont dans une déclaration commune, rendu public, vendredi passé, réagi à leur tour, à la déclaration des parlementaires libyens. Après avoir « loué les efforts courageux d’une majorité claire des députés qui malgré les menaces inacceptables (…) » ont exprimé, poursuit la même source «leur confiance au gouvernement d’union dans une déclaration». Rappelons que les parlementaires signataires de ladite déclaration, ont demandé que « la session lors de laquelle les ministres prêteront serment soit organisée d’ici la fin de la semaine prochaine (en cours : ndlr) dans un autre lieu que Tobrouk» précise-t-on. De son côté l’envoyé spécial des Nations unies, en Libye, Martin Kobler, avait exprimé jeudi «sa déception sur l’incapacité du Parlement de voter » et a rebondi le lendemain, vendredi, dans un tweet, indiquant « soutenir l’intention de la majorité (des députés : Ndlr) de procéder à la prestation de serment dans un lieu sûr en Libye» a-t-il écrit sur son tweet, sans plus de détails. Pour ce responsable onusien «le gouvernement d’union doit rapidement prendre en charge les affaires» de la Libye, a-t-il ajouté. Le pays plongé dans une situation chaotique, suite à la crise qui l’a secoué, en 2011, qui s’est vite transformée en conflit armé, précipitant l’intervention de l’Otan, peine à renouer avec la vie politico-institutionnelle, depuis cinq ans, laquelle situation a profité aux terroristes, dont ceux de Daech et aux trafiquants de tout genre, en Libye. Dans l’est libyen, un militaire et un civil ont été tués et quatre personnes blessées, vendredi dernier, dans un attentat à la voiture piégée, à Benghazi. L’attentat a eu lieu dans la partie est de la ville, a indiqué l’agence, citant des sources médicales. Par ailleurs, trois soldats sont morts et quatre autres blessés après l’explosion d’un hélicoptère, dans la même journée, alors qu’il était en train de décoller, de la base aérienne Al-Abraq, située à 100 kilomètres de Benghazi. Selon la presse locale, le chef du service de presse de la base, Ali Bousetta, a déclaré que l’explosion de l’appareil avait été causée par « une défaillance technique », sans fournir plus d’informations.
Karima Bennour