L’EXPERT BOUHANIA GOUI : « La réforme du Conseil de sécurité doit toucher le droit de veto »

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La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies constitue un enjeu majeur pour corriger la marginalisation historique de l’Afrique et lui garantir une participation effective aux décisions internationales relatives à la paix et à la sécurité, a affirmé le professeur Bouhania Goui, spécialiste des questions sécuritaires et africaines.

Intervenant hier sur les ondes de la Radio Algérie internationale, l’expert a souligné l’importance de la 14e réunion du Comité des Dix (C-10) de l’Union africaine, chargé de la réforme du Conseil de sécurité, organisée à Tripoli, en Libye. Selon lui, cette réunion représente une étape importante dans la coordination des positions africaines et le renforcement de la voix du continent au sein du système multilatéral, afin de tenir compte de son poids démographique, économique et politique, ainsi que de ses ressources naturelles et de sa position stratégique. Bouhania a rappelé que l’Afrique demeure le seul continent absent de la catégorie des membres permanents du Conseil de sécurité et qu’elle reste sous-représentée parmi les membres non permanents. Il a souligné que la position algérienne en faveur de la réforme vise à mettre fin à cette injustice historique et à promouvoir un Conseil plus démocratique, représentatif et efficace.

Pour l’expert, la réforme ne doit pas se limiter à l’augmentation du nombre de sièges africains, mais englober également les méthodes de travail du Conseil de sécurité, les mécanismes de prise de décision et la question du droit de veto. Il a également relevé plusieurs obstacles, notamment la nécessité de modifier la Charte des Nations unies, les divergences politiques entre les États et les calculs géopolitiques des grandes puissances. Il a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité de consolider l’unité de la position africaine pour défendre les intérêts communs du continent et faire face aux pressions susceptibles d’entraver ses ambitions au sein des instances internationales. 

Abordant les défis sécuritaires du continent, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique de l’Est, le professeur Bouhania a mis en avant l’approche diplomatique algérienne, fondée sur la promotion des solutions politiques, le rejet des ingérences étrangères, le respect de la souveraineté des États et le soutien au développement comme facteur de stabilité. Il a également souligné l’importance d’une approche globale, particulièrement dans la région du Sahel, où les menaces sécuritaires se conjuguent aux difficultés économiques et sociales. La lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la criminalité organisée nécessite, selon lui, une articulation étroite entre paix, sécurité et développement. En conclusion, l’expert a plaidé pour une stratégie intégrée reposant sur trois axes : l’accélération des projets d’infrastructures et de l’intégration économique africaine, la complémentarité entre les efforts de paix, de sécurité et de développement, ainsi que le renforcement de la souveraineté économique en complément de la souveraineté politique. Il a estimé que ces orientations sont essentielles pour consolider la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale et défendre ses intérêts stratégiques dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques.

Sarah O.