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Le projet de loi sur la retraite, soumis aux débats de l’APN le 27 novembre prochain : Veillée d’armes chez l’opposition !

Alors que l’Intersyndicale s’apprête à organiser une autre démonstration de force, à partir du 21 novembre prochain, l’épineux dossier de la retraite anticipée continue de défrayer la chronique, à travers, cette fois, les parlementaires qui ont décidé de «boycotter» la séance de la Commission de la santé et des affaires sociales de l’APN, consacrée à l’examen du projet.

Et pour cause, huit membres de cette Commission dénoncent les pratiques «frauduleuses» contraires aux mœurs et règles parlementaires. En effet, selon les huit «protestataires», à savoir Youcef Khebaba, Adjeb Messaoud, Mohamed-Lakhdar Saïdi et Zahia Nouri (AAV), Nadia Chouitem et Boudarène Nadia (PT), Meriem Derradji (FJD) et Abdelhamid Abbas (FFS), le projet de loi n’a pas fait objet d’une quelconque étude dans son contenu par les membres de la Commission qui a, en sus, été privée d’écouter les avis des experts et des syndicats autonomes comme cela était prévu. Alors que le projet de loi modifiant et complétant la loi n° 83-12 du 2 juillet 1983 relative à la retraite sera présenté et débattu à l’APN fin novembre, il est décidément prévisible que la tâche ne sera guère facile pour la chambre basse du Parlement, qui se retrouve, d’ores et déjà, confrontée à une «guerre» pour l’application du Règlement intérieur. Contacté, hier, par nos soins, Naâmane Laouar du groupe parlementaire de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV) a affirmé que les «députés protestataires ont essayé, dès le départ, d’alerter le président de la Commission sur la nécessité de respecter les procédures et le Règlement, et de redresser la situation, de manière à ce que la Commission soit en mesure de terminer l’audition des parties concernées, dont les syndicats autonomes, puis d’étudier les dispositions juridiques, article par article, avant l’élaboration du rapport préliminaire». Néanmoins, il a regretté que le président de ladite Commission, après avoir «renié ses engagements, nous a fait face par des comportements arbitraires». Affirmant que le rapport préliminaire doit être adopté à la majorité et non pas imposé par le président de la Commission; Naâmane Laouar a rappelé que le «Règlement intérieur est clair, net et précis». De ce fait, on refuse ce comportement et la méthode de travail et le contenu». Plus loin, il dira que ces pratiques témoignent que l’APN est «gérée de manière illégale». À une question sur l’éventualité que le scénario de violence qu’à connu le Parlement, l’an dernier à l’occasion de l’adoption de la loi de Finances-2016, ne se reproduise cette année, le parlementaire a affirmé que la possibilité «n’est pas à exclure» dans la mesure où ces pratiques continuent de laminer le bon déroulement du processus d’adoption. «Tous les ingrédients sont réunis et le dossier est déjà politisé. Le scénario de l’an passé peut donc facilement se reproduire», a-t-il averti, tout en précisant que ceci n’est pas la faute de l’opposition, mais plutôt le fruit du non-respect des procédures. Pour lui, l’opposition se soumet obligatoirement au vote de majorité; or, cette majorité doit d’abord respecter les lois et règlements, a-t-il insisté.
Même si le parlementaire reste optimiste, en assurant que le président de la Commission va se rétracter, il laisse une marge d’incertutude en soulignant que «rien n’est gagné d’avance». S’agissant des accusations de vouloir passer la loi sur la retraite par un «coup de forcing», Naâmane Laouar a estimé que «la majorité gouverne, mais la minorité doit être respectée».
Ainsi, le vote déterminera le sort réservé à ce projet de loi très critiqué. Pour sa part, Mme Rahima Benbessa, députée du Parti des travailleurs (PT), s’est étalée sur les enjeux de l’adoption du projet de loi qui concerne toutes les classes ouvrières. D’emblée, affirmant que «le dialogue est impératif dans l’adoption du projet», la députée a regretté que de telles pratiques soient toujours d’actualité. «La méthode de travail n’a même pas été respectée.
Le projet de loi n’a fait l’objet d’aucune étude dans son contenu par les membres de la Commission qui a également été privée d’écouter les points de vue et les opinions des syndicats autonomes comme cela avait été programmé», a-t-elle précisé.
Le plus étonnant, selon Mme Benbessa, est le fait que le président ait lu un rapport préliminaire élaboré sans les membres de la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle. «On veut faire un forcing pour faire passer la loi», a averti la députée, tout en appelant à prendre le temps nécessaire pour dialoguer autour de ce projet de loi. D’ici là, Mme Benbessa a signalé que la Commission est, de ce fait, suspendue tant que le président continue d’imposer ce rapport préliminaire.
Lamia Boufassa