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LE PRÉSIDENT TEBBOUNE EMPLOIE UN TON FERME : « La France doit oublier que l’Algérie a été une colonie française »

« Le retour de l’ambassadeur d’Algérie en France est conditionné par le respect total de l’Etat algérien », a indiqué dimanche le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de sa rencontre périodique avec les représentants de deux médias nationaux dont le Courrier d’Algérie.

Tebboune s’est montré ferme en affirmant que la France, durant 132 ans d’occupation de l’Algérie, a commis des crimes à l’encontre du peuple algérien que les paroles ne sauraient occulter. Il a souligné dans ce contexte que l’armée coloniale s’était livrée à une guerre d’extermination de familles et de tribus entières. « L’occupation de l’Algérie a coûté à la France 70 ans de guerre, de résistance et de révoltes dans toutes les régions du pays, car nous étions une Nation », a-t-il rappelé en guise de réponse aux « fanfaronnades » du président français qui avait douté de l’existence d’une nation algérienne avant l’occupation française.
Dans ses réponses aux journalistes, le président de la République est revenu longuement sur les dernières « sorties inamicales » de responsables français en rappelant que, « l’Histoire ne peut être falsifiée et les relations avec la France relèvent de la responsabilité de tout un peuple…de toute une histoire ». Il n’a pas manqué à cet égard de rappeler à la France officielle, « doit oublier que l’Algérie était une colonie. L’Etat est là, fort de ses institutions, de son armée, de son économie et son peuple vaillant qui ne se soumet qu’à Allah le Tout Puissant. Celui qui attente à l’Algérie n’ira pas loin. La dignité de l’Algérie est inestimable. Nous devons fidélité au serment de nos 5.630.000 martyrs dont nous devons exalter la mémoire », a-t-il précisé.

La France est tenue de respecter les accords d’Evian et ceux de 1968
Abordant les restrictions en matière d’octroi de visas aux Algériens et sur l’extradition vers l’Algérie d‘individus purgeant des peines pour des crimes et délits commis en France, le président de la République a appelé la France à respecter les accords d’Evian et les accords de 1968 relatifs à la circulation des personnes et l’émigration. C’est une réponse ferme au ministre de l’Intérieur français qui a voulu faire de l’Algérie, un « cache-rebut », prêt à le débarrasser d’anciens terroristes revenus de Syrie, de binationaux en mal d’intégration et autres criminels.
Tebboune a qualifié de mensonge les chiffres avancés par Moussa Gérald Darmanin, en affirmant, « il n’y a jamais eu 7.000 migrants irréguliers de nationalité algérienne », expliquant dans ce cadre que la France n’a jamais évoqué plus de 94 cas. Entre la liste parvenue à l’Algérie en 2020 et les trois autres listes de 2021, il y a un total de 94 cas, dont 21 ont été autorisés à rentrer en Algérie, 16 ont été carrément refoulés et n’entreront jamais en Algérie en raison de leur implication dans le terrorisme », a souligné Tebboune.
Concernant les restrictions sur les visas, le Président a affirmé que, cela est une affaire de souveraineté pour chaque Etat, tout en rappelant que la France est tenue de respecter les Accords d’Evian et ceux de 1968.

« Le mandat d’arrêt international contre Ferhat Mehenni doit être exécuté »
Abordant la question des activités terroristes du MAK et de Rachad, le président de la République a révélé que les enquêtes sur les incendies criminels qui ont ciblé la Kabylie et d’autres régions du pays ainsi que le lynchage à mort de Djamel Bensmail, ont établi l’implication du MAK. Tebboune a rappelé dans ce cadre que Ferhat Mehenni doit être livré à l’Algérie.
« Nous continuons à réclamer l’extradition de ce chef de file, terroriste du MAK. Il l’affirme et nous avons des preuves quant à la collecte de fonds par son organisation pour l’achat d’armes. La France doit appliquer le mandat d’arrêt comme l’ont fait d’autres pays que nous avons sollicités pour des individus impliqués dans des crimes commis en Algérie. »
Le président de la République a indiqué que le chef de file du MAK bénéficie de la bénédiction du pays où il a trouvé des échos médiatiques et autres. Il a précisé que les autorités algériennes ont demandé à la France l’exécution du mandat d’arrêt émis par la justice du pays, mais à ce jour rien n’a été fait, « ce qui est perçu comme un refus des autorités françaises », a-t-il souligné.

Dans le même contexte, il a indiqué que l’implication du Maroc dans les feux de forêt ayant ravagé l’été dernier plusieurs wilayas du pays, notamment celle de Tizi-Ouzou, n’est pas une accusation gratuite mais basée sur des preuves. « Il est prouvé par, l’image et le son que ce pays est partie intégrante de ce qu’a fait le MAK. Ce sont des faits et pas des accusations sans fondement. C’est une atteinte à l’unité nationale ».

L’Algérie hausse le ton
Le président de la République s’est montré ferme dans ses réponses aux journalistes en affirmant que la France, et tous ceux qui veulent attenter à l’Algérie, lui doivent respect. Il a rappelé que l’Algérie refuse toute médiation avec le Maroc tout en précisant qu’on ne saurait mettre sur un pied d’ « égalité l’agresseur et sa victime ». Sur le même ton ferme, il a annoncé que l’Algérie ne servira jamais de base à une puissance étrangère. « L’Algérie ne permettra à aucun pays, aussi puissant soit-il, d’implanter une base militaire sur le territoire national. Notre terre est sacrée et le devoir de respect à nos martyrs impose de ne tolérer l’implantation d’aucune base militaire en Algérie », a-t-il souligné avant d’indiquer que l’Algérie fera face à toutes les tentatives ciblant la sécurité de la Tunisie.
« Ce qui touche la Tunisie nous touche aussi. Nous nous abstenons de toute ingérence dans ses affaires intérieures et quiconque menace sa sécurité nous trouvera à l’affût. L’Algérie ne tolérera aucune pression sur la Tunisie par des parties étrangères », a souligné Abdelmadjid Tebboune.
C’est un discours fort qui vient en réponse aux tentatives de certains officiels français qui n’avaient pas mesuré la portée de leurs dernières sorties médiatiques sur l’Algérie, sa nation et son histoire. C’est également une mise en garde à ceux qui seraient tentés de faire de l’Algérie, un alibi de campagne ou de l’histoire coloniale un argument pour appuyer leur candidature aux prochaines présidentielles françaises.
Slimane B.