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LE FRONT POLISARIO SUR LE RAPPORT DE LA COMMISSION DE L’UE SUR LES RICHESSES SAHRAOUIES : « Inacceptable et témoigne du mépris de la Commission envers la justice de l’UE »

Le Front Polisario a rejeté le rapport de la Commission européenne sur «un prétendu bénéfice» qu’aurait tiré le peuple sahraoui de ses richesses, réaffirmant que le contenu du document était «inacceptable», car étant un éventail cachant les crimes commis par l’occupation marocaine, au Sahara occidental, dont l’exploitation illégale des richesses naturelles des territoires encore sous occupation, en violation de la légalité internationale et les lois mêmes de l’Union européenne (UE).
Pour le représentant du Front Polisario en Europe et auprès de l’UE, Oubi Bouchraya El-Bachir, qui dans un communiqué, affirme que le rapport en question « est inadmissible», souligne à l’adresse des responsables de la commission européenne que « malgré les souffrances du peuple sahraoui infligées par l’occupant marocain 40 ans durant, la Commission européenne salue ce qu’elle qualifie de points positifs d’un régime occupant qui traite brutalement les Sahraouis. Pour cet ex-ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), la posture de la Commission européenne via la teneur de son rapport est « un parti pris en faveur du Maroc qui continue à faire fi des décisions des Cours de justice de l’UE », à commencer cite le diplomate «par l’arrêt de la Cour de justice européenne de 1975 » a rappelé Oubi Bouchraya El-Bachir. Aussi le contenu du rapport de la Commission européenne outre qu’il révèle au grand jour le parti pris de cette commission en faveur de l’occupant marocain, il a relevé que le document « témoigne du mépris de la commission européenne envers le verdict de la justice de l’UE ». Rappelant qu’ « alors que le tribunal de l’Union européenne (UE) avait annulé, le 29 septembre 2021, les accords de pêche et d’agriculture entre le Maroc et l’UE, car incluant le Sahara occidental », la Commission européenne a publié, poursuit-il «un nouveau rapport le 22 décembre 2021 pour valoriser et soutenir le pillage des richesses naturelles du Sahara occidental par le colonisateur marocain », a-t-il souligné. Le rapport de la commission européenne qui révèle sans ambiguïté le parti pris en faveur de l’occupant marocain, de ses membres à l’instar des pays influents de l’UE, principalement la France qui assure la présidence européenne, depuis le 1er janvier dernier, compte des entreprises économiques activant illégalement dans les territoires sahraouis occupés. Gilles Devers, l’avocat français du Front Polisario, a déploré le fait que son pays consent des efforts sans relâche pour contourner le droit et la justice européennes, lors de son intervention à une séance publique à l’Assemblée nationale française tenue, jeudi dernier, sous le thème « bilan des actions de la France pour faire respecter le droit international, le cas du Sahara occidental». Il dira qu’« en tant qu’avocat je sais que notre devoir est de respecter les décisions de justice et je pense qu’un gouvernement aussi impliqué que le gouvernement français a un devoir particulier de conforter les décisions de justice », a-t-il souligné.

« LA COMMISSION EUROPÉENNE BRAVE SOLENNELLEMENT LES ARRÊTS DE LA CJUE »
Rappelant aux députés que la CJUE avait annulé deux accords commerciaux, septembre dernier, entre l’Union européenne (UE) et le Maroc, car incluant le Sahara occidental, il leur a précisé que « « les deux accords avaient été signés sans le consentement du peuple sahraoui » comme le stipule le droit international et les lois de l’UE.    Gilles Devers, rappelle qu’en vertu de l’arrêt de la plus haute juridiction européenne, «les entreprises françaises ayant exercé illégalement pendant une dizaine d’années au Sahara occidental se doivent de payer une dette douanière au peuple sahraoui », indiquant qu’«il y a 16,5 millions d’euros à récupérer dès demain », a-t-il signalé, et d’ajouter que « quatre entreprises dont le siège est basé dans la ville française de Perpignan sont impliquées à raison de 6,6 millions d’euros d’exportations agricoles par an».
Outre la dette douanière, l’avocat du Front Polisario a soulevé » le problème de l’origine des produits qui sont introduits dans l’UE comme étant des produits marocains alors qu’ils proviennent du Sahara occidental », en violation de la législation européenne et la Légalité internationale. Le représentant du Front Polisario auprès de l’UE et l’Europe, a souligné dans le communiqué précité que « la Cour de justice européenne (CJUE) a fixé une condition claire pour le consentement du peuple sahraoui à l’investissement et l’exploitation de ses richesses naturelles», néanmoins, poursuit-il «  le refus de la Commission européenne d’appliquer les décisions de la CJUE suscite de sérieuses préoccupations » d’autant que «le respect du droit international comptant parmi les valeurs constitutives de l’UE et qu’elle veille à renforcer sur la scène internationale », le document révèle que la politique basée sur les intérêts étroits est en opposition et en violation non seulement du droit international mais aussi de la législation européenne. La Commission européenne a été jusqu’à user de « tergiversations » pour tromper les députés, l’opinion européenne et internationale, pour cacher le parti pris en faveur de l’occupant marocain, se contentant de mentionner les décisions de la justice européenne dans le dernier paragraphe de son document.
Soutenant que «  les tergiversations de l’UE ne s’arrêtent pas là », Bouchraya, a souligné que « la commission européenne a mentionné les décisions de la CJUE au bas de la page comme s’il s’agissait de données secondaires », alors que l’arrêt de la CJUE du 21 décembre 2016 « stipule qu’aucun accord ne peut être appliqué au Sahara occidental sans le consentement libre, et préalable du peuple sahraoui » condition inexistante à ce jour, en raison de la nature de tout système colonial, privant les colonisés de toute expression, accès et exercice des droits fondamentaux, contenus dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, que l’UE brandit selon ses intérêts et ses stratégies, lesquels confortent, à ce jour, le système colonial marocain au Sahara occidental et le rapport de la commission européenne le confirme. Affirmant que « la Commission européenne brave solennellement les arrêts de la CJUE », par le contenu de son rapport, le diplomate sahraoui conclut en rappelant qu’ « alors que la principale mission de la Commission européenne est de veiller à leur application »
Karima Bennour