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23 février 2024
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La littérature algérienne en 2014 : la consécration surprise d’un nouveau romancier

Moins riche que l’année précédente, jalonné par des publications d’écrivains réguliers et attendus, le paysage littéraire algérien laissera, en 2014, un souvenir peu marquant pour les lecteurs qui retiendront surtout le succès, un an après sa parution en Algérie, du roman de Kamel Daoud « Meursault, contre-enquête ». Comparativement à 2013, avec ses nouveaux venus et ces auteurs reconnus à l’étranger, la scène littéraire algérienne aura été, durant l’année qui se termine, essentiellement occupée par des écrivains confirmés et à la créativité constante. Des auteurs comme Samir Kacimi et Wassiny Lâaradj ont publié des romans qui s’éloignent, par la forme et la thématique, de leurs productions habituelles, tandis que d’autres, sont resté fidèles à leur démarche littéraire, à l’instar d’Amin Zaoui et Amara Lakhouss. Habituellement prolixe en expérimentations formelles, Samir Kacimi offrait avec « Houbboun Fi Kharifin Maîl » (Amour d’un automne bancal), un roman plus sobre en langue arabe qui interroge le sens de l’existence en faisant dialoguer deux hommes à l’automne de leur vie. Avec la même volonté d’introspection, son aîné Wassiny Lâaredj revenait sur ses propres vicissitudes en publiant son autobiographie, un genre très peu exploité dans la littérature algérienne. Aux côtés de ces valeurs sûres, on notera des expériences inédites dans les genres de la science-fiction et du polar chez d’autres auteurs arabophones comme Habib Mounsi et Mohamed Djâfar (« Djalalatouhou El-Ab El-Aâdham », éd. Mim) et « Hadhayane Naouaqis Al-Qiyama » (chez El Ikhtilaf). En 2014, la création littéraire en langue française aura plus brillé dans les genres de la nouvelle et de la poésie que dans le roman. Ainsi, les lecteurs retiendront la parution de « Trop Tard » (Barzakh), un recueil de nouvelles signé Hadjar Bali qui brosse, avec tendresse et dérision, des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants d’Alger aux destins tragiques. Evènement éditorial rare, la poésie algérienne francophone retrouvait ses lettres de noblesse dans « Que pèse une vitre qu’on brise »(Arak), un recueil rassemblant plus de quarante ans d’écriture d’Abdelmadjid Kaouah.

La «Success Story» Kamel Daoud
Si les romanciers algériens francophones ont peu écrit en 2014, Kamel Daoud rencontrait, lui, le succès en Algérie et à l’étranger près d’une année après avoir publié « Meursault, contre-enquête » (ed. Barzakh). Paru au printemps 2014 en France chez Actes Sud, ce premier roman de l’écrivain et chroniqueur de presse algérien a été salué par la critique française avant de collectionner les prix littéraires.
Ce livre, qui donne un nom et une histoire au personnage de « l’Arabe » assassiné dans « l’Etranger » d’Albert Camus (1942), a ainsi valu à son auteur le Prix François Mauriac de l’Académie Française, le Prix des cinq continents, décerné par l’Organisation internationale de la francophonie et le Prix « Escales littéraire » à Alger.
Cette histoire familiale poignante qui interroge aussi l’Algérie d’aujourd’hui, manquait également de peu (à 5 voix contre 4 au 5e tour de vote) le Goncourt, un des plus prestigieux prix littéraires en France, une première dans l’histoire de la littérature algérienne.

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