Les services de sécurité ont asséné un véritable coup de pied dans la fourmilière d’un vaste réseau criminel qui opère dans le très juteux et très lucratif marché national du tabac. Le très opérationnel et efficace SCLCO (Service central de lutte contre le crime organisé) de la DGSN a réussi à neutraliser une bande criminelle qui mène des activités opaques et illicites fort préjudiciables pour le Trésor public. Globalement, il faut savoir qu’une telle organisation criminelle, comme il en existerait encore d’autres, agit en marge d’un marché qui lui génère de gros profits. Et comme tous les marchés, le tabac n’a pas échappé à la mainmise du circuit informel. Et même criminel, comme on le saura pour cette clique de mafieux. En effet, l’industrie du tabac rapporte beaucoup. Ce qui en fait de ce marché une cible privilégiée des milieux cupides et des réseaux de criminalité. Deux à trois chiffres suffiraient pour s’en convaincre. Selon les dernières données, la prévalence du tabagisme en Algérie est estimée à environ 20 % de la population. Environ 30 milliards de cigarettes sont consommés par an en Algérie pour une valeur financière de 3 milliards de dollars. Pour cette opération policière, elle a abouti à l’arrestation de 10 membres d’une bande qui a été suivie à la trace trois mois durant par les enquêteurs de la Brigade centrale de lutte contre la criminalité économique et financière. Cette bande tombée dans les filets a, à elle seule – ceci pour avoir une idée sur les dégâts que pourrait occasionner ce genre de trafic illicite et criminel –, causé un préjudice financier de 1 000 milliards de centimes. La société « United Tobacco Company (UTC) » qui exerce dans le pays en est victime. Mais ces pertes se répercutent naturellement sur le Trésor public. De quoi, en fait, ce réseau mafieux est-il coupable ? Pour résumer, il est reproché aux membres de cette bande détournement et dilapidation de fonds publics au sein de l’UTC et blanchiment des revenus – cumulés dans des comptes bancaires offshore – dans des biens immobiliers à l’étranger. On comprend bien les tentacules que dispose à l’international du réseau local. Du fil à retordre pour les enquêteurs algériens qui vont pousser, une fois réussi à tirer les vers du nez des membres (plusieurs employés et responsables dans la filière du tabac) de cette bande qui sont désormais entre les mains de la justice, pour découvrir de probables coupables résidents dans d’autres pays. D’ailleurs, les preuves de l’implication sont déjà là. Des villas, des appartements, des terrains et des véhicules de luxe ont été récupérés, à Alger comme en Espagne.
Farid Guellil











































