Ceuta

IL POUSSE DES MILLIERS DE SES RESSORTISSANTS VERS LA VILLE AUTONOME DE CEUTA : L’autre acte de chantage du Maroc contre l’Espagne 

Pour faire payer l’Espagne, le Maroc exerce un ignoble chantage et a poussé des milliers de jeunes marocains à la mer pour rejoindre illégalement  Ceuta. La Délégation gouvernementale de Ceuta a estimé  qu’environ 6000 immigrants ont réussi à entrer dans la ville autonome d’Espagne le 17 mai, dont environ 3000 mineurs.

Pour certains médias espagnols c’est  une nouvelle «Marche verte», en référence à celle qui a permis au Maroc sous couvert de population civile d’envahir militairement le Sahara occidental. Plus de 6000 migrants marocains dont une grande partie de jeunes mineurs  ont nagé ou ont navigué dans de petits bateaux pneumatiques vers l’enclave espagnole de Ceuta lundi.
Pour Madrid  cela rappelle  la «Marche verte» de 1975, lorsque le Maroc a fait pression sur l’Espagne avec une marche massive de population ramenée du nord du Maroc pour céder le Sahara occidental.
Pour les observateurs dans la capitale espagnole aujourd’hui encore, la crise est liée à la question du Sahara occidental. Le gouvernement madrilène a suscité la colère de Rabat en recevant le président, Brahim Ghali, en Espagne pour des raisons humanitaires. Mais Rabat a pris prétexte de la présence du leader sahraoui en Espagne pour accentuer sa pression et pousser  le Maroc  a suivre  Trump et reconnaisse la prétendue «souveraineté» marocaine sur le Sahara occidental. Une souveraineté qu’aucun pays au monde ne reconnait et au moment où Washington a clairement laissé entendre qu’elle enterrait une décision folle qui mettait en cause son rôle au sein du Conseil de sécurité.
Tout au long de 2021, il y a eu des entrées à la nage du Maroc à Ceuta,  la plus récente le 27 avril, bien que depuis 15 ans il n’y ait pas eu une arrivée massive comme celle du lundi  en une seule journée, et en l’absence de surveillance côtière par les autorités marocaines.
De son côté, Mohamed Al Dajisi, directeur central de la police judiciaire de la direction générale de la sécurité marocaine  et directeur du bureau d’Interpol au Maroc, a confirmé que l’État marocain avait suspendu la coopération sécuritaire avec l’Allemagne et l’Espagne. De basses manœuvres pour faire pression sur Madrid et Berlin qui a réaffirmé solennellement son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui et qui a fermement rejeté la décision Trump.
Sur un ton pompeux un responsable  marocain a déclaré  que « le Maroc est considéré comme une puissance régionale et son appareil de sécurité est  pionnier au niveau régional et international et a une position prestigieuse et respectée pour la réalisation de ses promesses et la véracité de ses informations. » Il a affirmé que l’Espagne et l’Allemagne seraient affectés par la suspension de la coopération sécuritaire avec le Maroc, précisant que: «  Bien sûr, elles seront affectées par la perte des services de sécurité marocains, qu’elle soit liée à la coopération en matière de renseignement en général, qui est reconnue pour sa performance, son professionnalisme et l’honnêteté », dit Al Dajisi, responsable sécuritaire dans un rare exercice d’autosatisfaction. Quand on sait les tonnes de drogue dont le Maroc premier producteur de kif au Monde envoie en toute impunité en Europe .Quant on sait aussi que la plupart des attentats terroristes en Europe sont le fait de ressortissants marocains ou d’origine marocaine.
M. Bendib