Macron

IL DIT VOULOIR APAISER LA TEMPÊTE QU’IL A PROVOQUÉE AVEC L’ALGÉRIE : Macron peine à convaincre

Le président français qui s’est tiré une balle dans le pied, ne semble pas avoir mesuré la portée de ses attaques contre l’Algérie.

Dans un entretien accordé lundi à la radio France Inter, il affirme prôner l’apaisement sans se soucier des dégâts causés à la relation entre son pays et l’Algérie. Pour lui, et sans se permettre de se dédire en demandant pardon aux Algériens pour ses propos blessants et son attitude méprisante, il dit œuvrer pour le « cheminement ensemble » pour parvenir à l’apaisement dans le sujet mémoriel. En vérité, Macron n’a pas mesuré l’onde de choc qu’allaient provoquer ses attaques contre l’Algérie. Lui et ses collaborateurs comptaient sur une passivité des autorités algériennes et leur silence face aux attaques. En voulant chasser dans le vivier électoral de l’extrême droite comme de la droite, il s’est mis sur le dos non seulement la gauche française mais aussi l’opinion française et même africaine et internationale et en voulant convoquer l’histoire coloniale de son pays, il a puisé dans la pensée coloniale, laquelle est persistante, comme en témoigne des sociologues et historiens. En réalité, sa réaction et même si elle est sincère est tardive. Elle ne traduit pas une volonté sincère de son clan d’œuvrer à l’apaisement avec l’Algérie et à l’écriture de l’Histoire coloniale de son pays sans l’expurger des crimes et autres atrocités commis contre le peuple algérien. Sa réaction est motivée par la réponse ferme de l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur pour consultation et qui a fermé son espace aérien aux avions militaires français. Il y a quelques jours, un officier de l’armée française tentait, gauchement de limiter l’impact de la réaction de l’Algérie sur le déroulé de l’opération Barkhane au nord du Mali. En réalité, c’est un véritable coup décisif que vient de subir l’armée française qui espérait se désengager partiellement du Mali. C’est toute sa stratégie qui est remise en cause par la décision de fermeture de l’espace aérien algérien aux avions français.
Libre au président français de recevoir ou de rendre hommage aux harkis ou leur descendants, car il s’agit d’une histoire franco-française. Mais cela ne doit pas se faire en insultant la mémoire et en tentant de travestir l’histoire et la véritable nature génocidaire et criminelle du colonialisme. En intervenant devant le micro de France Inter, Macron a choisi ses mots pour verser dans un raisonnement absurde qui renseigne sur le jeu de la roulette russe auquel il se livre lui et son équipe de campagne. En voulant chasser dans le terrain de l’extrême droite, il a fait grossir les rangs des potentiels partisans du vote sanction qui n’ont qu’une seule idée, le chasser du palais de l’Elysée lui qui a paupérisé de larges couches de la société française, qui a proposé à l’assemblée un projet de loi de réforme des retraites, et qui continue d’attiser la colère des Gilets Jaunes. Sans un mea culpa et sans équivoque, Macron restera, pour le commun des Algériens, le président français qui a montré que l’essence coloniale semble toujours présente dans la pensée de larges pans des politiques français, notamment ceux de la droite qui sont en train de glisser inexorablement dans le camp de Le Pen et tous les ultras.
Slimane B.